L’abandon du rival de Tadej Pogačar ce dimanche, après sa chute, n’est pas une simple statistique individuelle mais matière à grande peur collective. La course au maillot jaune est en effet une bulle d’histoires et de spéculations, qui exclut le scénario de la chuteAvec la chute et l’abandon de Jonas Vingegaard, c’est tout le Tour qui se retrouve par terre, des millions de clavicules sectionnées. La chute est le refoulé du Tour. La plus grande fête du mois de juillet, terrifiée par la seconde où le manège s’arrête, a nié la chute, effacé son nom, comme la société moderne veut cacher la mort, et plutôt mal, dans l’éloignement des cimetières aux confins. Les anciens du Tour n’avaient que la chute à la bouche, une sagesse du temps qui passe. Comme on a ri de ces proverbes de bon sens paysan, «la course n’est pas finie avant que la ligne d’arrivée soit franchie» et autres dictons cyclistes, avec des peaux d’ours qu’il ne faut pas vendre trop tôt.Ce dimanche, l’écroulement sur goudron de Vingegaard n’est pas seulement une statistique individuelle, mais matière aux grandes peurs collectives. Le Danois, alors deuxième au classement général, est tombé à la sortie d’un rond-point. Rares sont les protagonistes du podium éliminés ainsi, sur une route banale, entre Champagnole (Jura) et le plateau de Solaison (Haute-Savoie), à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée, dans une étape longeant la frontière suisse.Voir plus
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