Avec «Bodies and Ideas», le saxophoniste signe un quatrième album métaphysique et politique, où le saxophone plane au-dessus d’un monde en crise. Une traversée exaltante du purgatoire moderne, où l’amour et l’improvisation s’imposent comme d’ultimes actes de résistanceLa musique est-elle l’ultime extase du corps? Le dernier refuge de l’âme? Pour le saxophoniste Léon Phal, elle est indissociablement les deux. Sorti ce vendredi, son disque Bodies and Ideas entrelace la chair et l’esprit, la gravité du monde et l’hédonisme de la nuit. La pochette, signée Clara Vallino, détourne la célèbre fresque de Domenico di Michelino, ce chef-d’œuvre florentin du XVe siècle retraçant le cheminement de Dante. Comme une allégorie des tribulations de l’âme – du brasier de l’enfer aux pénitences du purgatoire jusqu’à la rédemption du paradis −, le visuel noue d’emblée un dialogue entre ferveur sacrée et satire politique.Perchés au sommet du ciel, tirés à quatre épingles dans leurs costards, les musiciens sont les anges, tandis qu’en bas la police des frontières américaine (ICE) grille en enfer aux côtés d’une flopée de cols blancs de la finance. Et au milieu, dans un purgatoire fiévreux, des corps s’enlacent pour chercher la lumière en faisant l’amour.Voir plus
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