Privé de Zubin Mehta mais propulsé par un Zürcher Kammerorchester en état de grâce et un Pinchas Zukerman magistral, le Menuhin Festival Gstaad a magnifiquement lancé sa 70e éditionMozart n’était pas apparu aussi libre et intempestif depuis longtemps. Sous les voûtes boisées de l’église de Saanen, vendredi soir, le Menuhin Festival Gstaad ouvrait sa nouvelle édition en ressuscitant l’éclat du classicisme viennois. Tendu entre la rigueur architecturale de Haydn et l’urgence dramatique de Mozart, le programme s’est déployé avec une intelligence subtile, trouvant son alchimie organique grâce au Zürcher Kammerorchester (ZKO), au violoniste Pinchas Zukerman et à Daniel Hope, nouveau directeur de la manifestation, souverain en concertmeister.L’absence de Zubin Mehta au pupitre, retenu pour des raisons de santé, n’a pas affecté l’énergie collective démentielle déployée par le ZKO en maîtrise totale de l’esthétique, sculptant les reliefs de ces trois partitions. Dans le Concerto no 3 en sol majeur K 216, Mozart ne renie ni le style galant ni l’influence française: il les charge d’une tout autre ampleur. Pinchas Zukerman déploie un violon tour à tour grave, éperdu, tragique, toujours vocal. Il faut l’observer sur la scène de Saanen, écouter combien il rend vibrante chaque appoggiature pour comprendre intuitivement son rapport viscéral à la note.Voir plus
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