OPINION. Le suicide de l’ancien professeur de sociologie de l’éducation à Cambridge Jason Arday – après des accusations de plagiat – fait s’entrechoquer éthique universitaire et relents racistes. Dans cette affaire, il s’agit de ne pas tout mélanger, écrit le professeur François Grin, spécialiste de l’économie des langues et de l’éducationLe monde académique est en émoi. Peu après avoir démissionné, un jeune professeur de sociologie de l’éducation, Jason Arday, a mis fin à ses jours le 14 août dernier. Il était accusé de plagiat, de falsification de données et d’affabulations dans son CV. Point important: c’était le plus jeune professeur noir jamais engagé par Cambridge, quatrième du classement «Shanghai» des meilleures universités du monde.Les détails de cette sordide affaire foisonnent dans les médias sérieux comme sur les réseaux sociaux et ce battage médiatique s’est avéré insupportable pour le jeune professeur. On ne se prononcera pas sur le fond. A ce jour, tout indique qu’Arday a effectivement recopié, sans citation et jusqu’aux fautes de frappe, des douzaines de passages du travail d’autrui, qu’il n’avait tout simplement pas le niveau scientifique d’un professeur et que ses prétendus exploits personnels étaient pure invention. Même l’hebdomadaire The Economist, toujours prudent, ne semble pas douter de ses malversations. Devait-il mourir pour cela? Évidemment pas. Le mensonge n’est pas illégal; quant au plagiat, contrairement à ce qu’affirment certains commentateurs qui connaissent mal la vie universitaire, ce n’est pas «quelque chose qui peut arriver à tout le monde», surtout à cette échelle. Mais cela existe. Et même si la chose est avérée, elle ne justifie pas un suicide.Voir plus
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