OPINION. Il ne faut pas se tromper de combat. La question décisive ne se réduit pas à savoir si une IA a généré le texte, mais consiste à déterminer si la personne à laquelle on l’attribue entretient avec lui la relation intime qui fonde la qualité d’auteur, écrit Baptiste Le Bihan, philosophe et professeur assistant au Département de philosophie de l’Université de GenèveDepuis le 2 août 2026, le règlement européen sur l’intelligence artificielle prévoit de rendre les contenus produits par des systèmes d’IA générative repérables par un marquage, notamment au moyen de filigranes numériques. Ce marquage indique qu’une IA a généré le texte, mais ne suffit pas, à lui seul, à déterminer si le contenu généré introduit une contribution propre à l’IA ou réalise une contribution humaine originale, ni donc à établir si l’humain a fourni la contribution créatrice justifiant la qualité d’auteur.La distinction entre génération et qualité d’auteur n’est pas entièrement nouvelle. L’auteur d’une œuvre traduite demeure son auteur sans avoir produit les phrases de la traduction. Le traducteur peut être auteur de celle-ci, sans retirer ce statut à l’auteur original. L’IA générative généralise et complique cette dissociation: elle peut exprimer une idée humaine déjà élaborée, mais aussi introduire une idée, une structure ou un choix absent du projet humain.Voir plus
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