CHRONIQUE. Faut-il imaginer de nouvelles Conventions de Genève pour encadrer la militarisation de l’espace, se demande Pierre Hazan, spécialiste de la justice internationale et de la médiation des conflits armésCe n’est plus seulement un film de science-fiction ni une dystopie: la guerre de l’espace a commencé. Plus aucune armée ne peut se passer des satellites pour communiquer, pour guider des missiles ou espionner, à tel point qu’ils sont eux-mêmes devenus des cibles de choix. En 2020, un document des forces spatiales américaines prévient: «L’humanité a changé. Les actions de nos adversaires potentiels ont considérablement accru la probabilité d’une guerre dans l’espace extra-atmosphérique.» Or les satellites et leurs applications sont devenus indispensables à nos sociétés (pensez au GPS!) et pèseront bientôt plus d’un billion de dollars dans l’économie mondiale.Les Etats-Unis, la Chine et la Russie ont mis au point des satellites capables de percuter un satellite ennemi, ou de le saisir par un bras mécanique pour le détruire. D’autres moyens «plus softs» permettent d’aveugler un satellite ou de griller ses capteurs par rayons laser. Variante plus radicale: abattre un satellite par un missile balistique tiré depuis la Terre. Dans cet art de la mise à mort, il y a encore «la mort douce» – par des technologies plus faciles d’accès comme le brouillage, l’usurpation d’identité (spoofing) ou la prise de contrôle des signaux satellitaires. Et sans doute bientôt, des armes en orbite pourront détruire des cibles sur Terre. Que dire encore du risque d’armes nucléaires dans l’espace?Voir plus
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