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En vidéo – L’agriculture suisse en pleine mutation face au manque d’eau
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En vidéo – L’agriculture suisse en pleine mutation face au manque d’eau

Publié le 07 September 2026 à 17:41
Auteur : Isabelle Aeschlimann

L’été 2026 pourrait dépasser la sécheresse historique de 2003. Les paysans suisses multiplient les mesures face au manque d’eau mais avec des étés 44% plus secs d’ici à 2100, cela ne suffira plus. Reportage dans la BroyeJusqu’ici, la Suisse n’avait pas eu à se soucier du manque d’eau. Pourtant, les pénuries locales se multiplient déjà, tout comme les restrictions. Cultures et animaux souffrent, et la facture de l’été 2026 s’annonce salée: les pertes pourraient dépasser les 500 millions de francs enregistrés lors de la canicule de 2003. Le 27 septembre, les Suisses voteront sur la manière de renforcer leur production alimentaire. Mais quel que soit le résultat, cette agriculture devra aussi apprendre à faire avec moins d’eau.
Un climat qui change plus vite qu’on ne s’adapte
Pour la climatologue et professeure à l’Université de Neuchâtel Martine Rebetez, cette adaptation est loin d’être évidente: «On arrive à des conditions climatiques qui ne ressemblent pas à ce qu’on avait auparavant, et le changement se passe à une telle vitesse qu’il est extrêmement difficile de s’adapter. » Sur le terrain, Urs Gfeller, maraîcher bio à Sédeilles dans la Broye (VD), a anticipé depuis plusieurs années: un bassin de rétention de 400 m³ installé en 2019, un système de goutte-à-goutte qui permet d’économiser jusqu’à la moitié de l’eau utilisée, un étang pour la biodiversité, et même une «forêt comestible» inspirée de la permaculture. Mais ces mesures ont leurs limites. En effet, la source communale dont il dépend a vu son débit chuter, passant de 35 à moins de 30 litres par minute en hiver. Pour lui, il s’agit alors de trouver des espèces qui survivent avec beaucoup moins d’eau.
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Martine Rebetez va plus loin, pointant certaines cultures encouragées par la Confédération malgré leur vulnérabilité: «On a certaines cultures auxquelles on devrait renoncer parce que la sécheresse est trop fréquente et les atteintes sont trop graves, comme les cultures de betteraves ou de tabac — ce sont des cultures que les entreprises continuent à exploiter parce que le soutien de notre système étatique les amène à faire ça. »
Les régions ne sont pas égales face à la sécheresse
Le problème n’est d’ailleurs pas seulement la quantité, mais aussi la répartition de l’eau: toutes les régions ne sont pas égales face à la sécheresse. Certaines ont déjà des systèmes pour l’acheminer, comme les bisses en Valais. Mais avec la disparition progressive des glaciers et la diminution de la neige, ces réserves d’eau estivales vont se réduire.Face à l’urgence, le Conseil fédéral a débloqué fin août 54 millions de francs de prêts sans intérêt pour les exploitations en difficulté. Une mesure saluée par une partie du monde agricole, mais jugée insuffisante pour la climatologue qui y voit une mesure d’urgence certes, mais pas une mesure d’adaptation, qui elle doit être «organisée sur le plus long terme. »
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