Depuis la mission Viking lancée en 1976, les scientifiques ont pu retracer le passé géologique de la Planète rouge, de ses immenses volcans aux traces laissées par des mers et rivières disparues. Reste à savoir quand les échantillons recueillis sur place pourront être rapportés sur Terre, et dans quelles conditionsBrigitte Zanda exerce un métier peu commun: «Je suis «météoritologue». Je m’intéresse à tout ce qui concerne les météorites, leur pétrologie [le mécanisme à l’origine de la formation et de l’évolution des roches], comment elles se transforment en traversant l’atmosphère, d’où elles viennent…» Les pierres tombées du ciel sont classées par familles en fonction de leur composition intime. Une de ces familles a longtemps intrigué les scientifiques qui, à la fin des années 1980, ont fini par émettre l’hypothèse qu’elle venait… de Mars. Plusieurs arguments étayaient cette idée, notamment l’âge de cristallisation de ces roches, plus jeune que celui des météorites classiques, et les gaz qu’elles avaient emprisonnés le jour où l’impact d’un astéroïde les avait éjectées dans l’espace interplanétaire. Les mêmes gaz que ceux qui avaient été détectés, dans les années 1970, par les sondes Viking dans l’atmosphère de Mars.
Une image digitale recomposée de Mars, prise par le Viking Orbiter 1. — © NASA/JPL/USGS / NASA/JPL/USGS
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