[pfp_nav_auth]
Bande dessinée: Dans «Néandertal nu», les recherches du paléontologue Ludovic Slimak sont enluminées par les aquarelles de Frédéric Bihel
LE TEMPS Culture & Société
Article complet

Bande dessinée: Dans «Néandertal nu», les recherches du paléontologue Ludovic Slimak sont enluminées par les aquarelles de Frédéric Bihel

Publié le 12 August 2026 à 07:21
Auteur : Le Temps

Auteur de plusieurs livres, l’archéologue Ludovic Slimak arpente l’Europe depuis trois décennies sur les traces de Néandertal, ce grand frère disparu. Cette édition illustrée pare la démarche scientifique d’une touche d’onirismeIl est comme une ombre derrière nous, Néandertal, le grand frère disparu il y a 42 000 ans, tapi au plus profond de la mémoire collective et même, incognito, dans quelque recoin de notre ADN. Découvert en août 1856, près de Düsseldorf, dans la vallée de Neander, il fait peur avec son bourrelet sus-orbitaire et sa robustesse. L’imaginaire collectif en fait une sorte de croquemitaine charbonneux et velu auquel un Zdeněk Burian consacra des peintures impressionnantes.Avec le temps et les avancées de la paléontologie, l’image du Doppelgänger des âges farouches s’est nuancée. Il émerge des «ténèbres morales» qu’on lui prêtait et que récuse Néandertal nu, ce précis illustré de fraternité éternelle. Depuis trois décennies, l’archéologue Ludovic Slimak arpente l’Europe du bassin méditerranéen au cercle polaire sur les traces du disparu. Il témoigne de cette quête dans des ouvrages scientifiques tels Sapiens nu, Le Dernier Néandertalien ou Néandertal nu (chez Odile Jacob). Ce dernier tome connaît une nouvelle édition illustrée par Frédéric Bihel dont les aquarelles délicates, souvent brumeuses, parent la démarche scientifique d’une touche onirique.
Lire aussi: Ludovic Slimak, retour vers le futur

Un rien de cruauté
«Couche après couche de sédiments… On descend dans le temps.» On y descend par le texte et par l’image, passant du détail d’un silex taillé à des cieux immenses, d’une scène de chasse au mammouth à un bestiaire pariétal, de la vastitude de la toundra au confinement d’une caverne souterraine. Le réchauffement climatique s’en mêle, le permafrost fond, révélant des corps que le froid pétrifiait depuis des centaines de siècles. L’archéologie confine à l’ontologie et les auteurs de rappeler l’inévitable sentiment de fraternité unissant l’Homo modernus à son aïeul défunt. Comme la phylogénie est compatible avec l’humour, Ludovic Slimak ne craint pas d’insinuer, avec un rien de cruauté, que le caniche est au loup ce que nous sommes à Néandertal…

Néandertal nu, une bande dessinée de Ludovic Slimak. Dessin: Frédéric Bihel. Odile Jacob, 176 p.

← Retour aux sujets

Points de vue opposés



Chargement des points de vue opposés...

Autres articles récents chez Le Temps