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Vladimir Poutine invité au G20 : Donald Trump prêt à mettre fin à son isolement diplomatique
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Vladimir Poutine invité au G20 : Donald Trump prêt à mettre fin à son isolement diplomatique

Publié le 24 September 2026 à 06:42
Auteur : Enola Richet

Vladimir Poutine pourrait faire son grand retour à la table des dirigeants occidentaux. Sept ans après sa dernière apparition en personne au G20 et plus de quatre ans après le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, Donald Trump a unilatéralement invité le président russe au sommet du G20 organisé en décembre à Miami, a annoncé mercredi 23 septembre le secrétaire d'État Marco Rubio. Une invitation hautement symbolique et qui pourrait provoquer des tensions, alors que les Européens s'efforcent depuis 2022 d'isoler diplomatiquement le président russe. "Nous pensons que c'est une occasion pour lui d'échanger non seulement avec le président, mais aussi avec d'autres dirigeants mondiaux", a justifié Marco Rubio. Si Vladimir Poutine accepte, il devrait s'entretenir avec Donald Trump. Le Kremlin n'a pas encore confirmé sa venue.Un précédent qui avait fait grincer des dentsLa Russie, exclue du G8 après l'annexion de la Crimée en 2014, est en revanche restée membre du G20. Mais la présence du président russe marquerait son premier déplacement à un sommet du G20 depuis celui d'Osaka, au Japon, en 2019, où il s'était entretenu pendant une heure avec Donald Trump. Sa présence à Miami le placerait donc pour la première fois depuis le début de la guerre aux côtés des dirigeants européens, asiatiques et américains. De quoi provoquer de fortes crispations au sein de ce club réunissant les pays les plus puissants du monde, et poser la question : jusqu'où iront les Européens pour marquer leur refus de cette réhabilitation diplomatique ? Fin août, la simple participation du ministre russe des Finances Anton Silouanov à une réunion du G20 à Asheville, en Caroline du Nord — là aussi sur invitation de la Maison-Blanche — avait déjà suscité un fort malaise. Le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil avait qualifié sa présence de signal "assez troublant", compte tenu de la poursuite des attaques russes en Ukraine. Lui et plusieurs homologues européens avaient menacé de boycotter la traditionnelle photo de famille si le ministre russe y apparaissait. Le ministre polonais Andrzej Domanski avait pour sa part déclaré à Reuters qu'il lui serait "très difficile d'avoir une quelconque conversation avec les Russes", en partie parce qu'"ils mentent constamment et il faut être extrêmement prudent lorsqu'on discute avec eux". La normalisation comme méthode de négociation Cette fois, l'invitation adressée à Vladimir Poutine va beaucoup plus loin, provoquant le retour d'un chef de guerre au plus haut de la diplomatie multilatérale. Ses détracteurs en Europe, mais aussi certains républicains américains, pourraient y voir une volonté de normaliser le président russe, engagé dans une guerre qu'il refuse de faire cesser.Marco Rubio, qui avait lui-même qualifié Vladimir Poutine de "criminel de guerre" lorsqu'il était sénateur, défend désormais cette stratégie : après avoir rencontré le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov mercredi et au lendemain d'une réunion entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, il a estimé que "pour résoudre les problèmes, il faut rencontrer les gens avec lesquels on est en désaccord". Cette invitation apparaît aux yeux de certains comme un acte désespéré, alors que les efforts du président milliardaire américain pour obtenir un accord de paix restent dans l'impasse depuis plus d'un an. Depuis leur rencontre d'août 2025 en Alaska, les relations entre les dirigeants américain et russe se sont refroidies, Vladimir Poutine s'étant montré moins disposé que ne l'espérait Donald Trump à faire des concessions. Reste que la manœuvre est incertaine, car comme le pointe le Wall Street Journal, les sommets du G20 offrent certes une rare occasion de réunir des adversaires autour de crises mondiales, mais aussi une scène propice aux confrontations et aux coups politiques.

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