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Présidentielle au Brésil : Lula rattrapé dans les sondages par Flavio Bolsonaro
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Présidentielle au Brésil : Lula rattrapé dans les sondages par Flavio Bolsonaro

Publié le 23 September 2026 à 13:17
Auteur : L'Express

Monter dans les sondages en prospérant dans la tourmente. À moins d'un mois de l'élection présidentielle au Brésil, deux enquêtes d'opinion publiées lundi 21 septembre donnent le président Luiz Inacio Lula da Silva et le sénateur Flavio Bolsonaro "au coude-à-coude" car l'un devance l'autre à chaque fois dans l'hypothèse d'un second tour. Dans un premier sondage de l'institut Quaest, Bolsonaro devance Lula d'un point de pourcentage, tandis que dans un second sondage BTG Pactual/Nexus, Lula mène d'un point face au fils de l'ancien chef de l'Etat, Jair Bolsonaro.Cet écart reste toutefois à relativiser puisque leurs avantages sont dans la marge d'erreur. Cette quasi-égalité constitue néanmoins une première dans cette course à la magistrature suprême. En juillet, Quaest donnait encore Lula largement devant en cas de second tour, avec 45 % contre 37 %.L'affaire "Banco Master"Cette progression de Flavio Bolsonaro dans les intentions de vote intervient alors que l'affaire "Banco Master" secoue la société brésilienne. Ce scandale est à l'origine une affaire de fraude bancaire présumée. Mais celle-ci s'est peu à peu transformée en crise politico-institutionnelle. Une enquête a révélé les connexions du banquier Daniel Vorcaro, ancien propriétaire et dirigeant de la banque Banco Master, avec des responsables publics, des magistrats et des acteurs politiques. La famille Bolsonaro figure parmi les personnes concernées de cette affaire. Elle fait l'objet d'investigations, notamment pour le financement de Dark Horse, un film consacré à Jair Bolsonaro. Daniel Vorcaro aurait versé au moins 12,3 millions de dollars pour la réalisation du film, après que Flavio Bolsonaro eut négocié avec le banquier les fonds destinés à la production. Mais ce scandale touche aussi Alexandre de Moraes, l'un des juges les plus puissants du Brésil. Depuis la tentative de coup d'Etat du 8 janvier 2023, au cours de laquelle les partisans de Bolsonaro ont envahi les bâtiments du Congrès, de la Cour suprême et du palais présidentiel à Brasília, le magistrat est au cœur de plusieurs procédures visant les responsables de cette tentative de renversement de l'ordre démocratique. En 2025, lorsque Jair Bolsonaro est condamné par le Tribunal suprême fédéral (STF) à 27 ans de prison pour son rôle dans ces événements, Alexandre de Moraes est devenu le visage de l'affrontement entre le STF et le camp Bolsonaro, certains l'accusant de politiser la justice.Un angle politique Sa présence dans le dossier Banco Master, notamment à travers un contrat entre la banque et le cabinet d’avocats de l’épouse de Moraes, a offert à Flavio Bolsonaro un nouvel angle d'attaque contre le camp Lula. Le fils de l'ancien président cherche notamment à exploiter cette affaire pour établir un lien politique entre Alexandre de Moraes et Lula. Le juge est ainsi présenté comme un proche du président en exercice. "Quiconque vote pour Lula vote pour Alexandre de Moraes", a lancé Flavio Bolsonaro lundi à la foule à l'occasion du jour de l'indépendance à Sao Paulo.Dans ce contexte, une enquête Datafolha réalisée les 15 et 17 septembre montrait que 38 % des électeurs considéraient Lula comme le principal perdant de la crise autour du STF et de Banco Master, contre 31 % pour Flavio Bolsonaro. 47 % ajoutaient également que cette crise influencera leur choix présidentiel.De son côté, Lula a minimisé son retard dans certains sondages, assurant qu'il remporterait l'élection. Il a également défendu Alexandre de Moraes, tout en reconnaissant que le magistrat devrait répondre d'une éventuelle faute concernant le contrat conclu avec Banco Master. "De temps en temps, [Flavio Bolsonaro] dit : 'Lula défend Alexandre de Moraes'. La querelle de la famille Bolsonaro avec Alexandre de Moraes n'est pas à cause de Banco Master, c'est à cause de l'arrestation de la famille, à cause du comportement d'Alexandre de Moraes qui a eu raison de défendre la démocratie de ce pays", a-t-il déclaré.Paradoxalement, la progression de Flavio Bolsonaro ne signifie pas que son image s'améliore. Selon l'institut Quaest, 56 % des personnes interrogées déclarent en avoir une mauvaise opinion.

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