«Une reprise en main»: le départ d'un conseiller du RN acte la ligne économique plus sociale de Marine Le Pen
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«Une reprise en main»: le départ d'un conseiller du RN acte la ligne économique plus sociale de Marine Le Pen

Publié le 28 August 2026 à 15:25
Auteur : Sofiane Orus-Boudjema

L’ancien conseiller économique de Jordan Bardella, qui se voulait un «pont entre les milieux économiques et le RN», a quitté ses fonctions. Ce qui met fin aux ambiguïtés programmatiques du parti, permettant à Marine Le Pen d’affirmer sa ligne plus socialeUn départ qui sonne comme l’affirmation d’une ligne. Alors que ce jeudi 27 août était marqué par lancement de la campagne avec le premier débat de l’élection présidentielle, un des éminents conseillers économiques du Rassemblement national a annoncé qu’il ne travaillerait pas pour la campagne de Marine Le Pen. Sur le papier, l’information semble anodine. A l’aune d’une campagne, les équipes évoluent pour se préparer à la bataille. Mais cette annonce semble tout de même être un signal économique à regarder avec attention. François Durvye a expliqué au Figaro que «la réflexion qu’il souhaitait apporter, au sein du RN, sur les sujets économiques», n’avait, selon lui «plus sa place» dans la «ligne que Marine Le Pen entend porter à l’aube de la campagne», explique le journal. «Il dit à ceux qui veulent l’entendre qu’il n’aurait pas su défendre auprès des milieux économiques des positions en lesquelles il ne croit pas», peut-on aussi lire.En sortant du débat qui a duré plus de trois heures face aux patrons du MEDEF, Marine Le Pen a nuancé l’effet de ce départ. «Je l’ai souhaité, donc je ne le déplore pas», a lâché la candidate du Rassemblement national.Conseiller de l’ombre pendant plusieurs années, François Durvye avait finalement rejoint officiellement le parti en avril dernier, en tant que conseiller spécial du président du Rassemblement national, Jordan Bardella. Perçu comme une caution libérale du RN, le diplômé de Polytechnique avait travaillé auparavant aux côtés du milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin. «Je vais être un pont entre les milieux économiques et le RN», avait-il promis dans une interview. Un pont qui se brise donc? Quelques mois après que Marine Le Pen a décidé de se présenter à l’élection présidentielle, malgré sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national, cette sortie sonne comme une clarification de la ligne du parti.
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L’affirmation de sa ligne économique
Avant la décision de la cour d’appel en juillet dernier, le RN restait effectivement dans le flou sur la route de la campagne présidentielle. Les militants, ainsi que l’ensemble du spectre politique français, attendaient de voir qui de Marine Le Pen ou Jordan Bardella allait porter les couleurs du parti. Dans cette situation de flottement, les cadres répétaient que, si chacun avait sa sensibilité, l’incarnation ne changerait pas le programme. Mais quelques fritures sur la ligne entre les deux visages de l'institution ont été observées. La question du programme économique du RN notamment était le lieu principal de la bataille: entre une ligne libérale portée par Jordan Bardella, qui devait prendre la place de sa mentor en cas d’impossibilité à se présenter, et celle, plus souverainiste voire sociale de Marine Le Pen.Face au MEDEF, la présidente des députés RN a bien envoyé des signaux qui vont dans le sens des patrons, avançant que l’État devrait se serrer davantage la ceinture. Elle a aussi annoncé un plan d’économies de 125 milliards d’euros qui sera présenté «avant le débat budgétaire». Mais la désormais candidate officielle du parti s’est surtout attaquée au sujet central des tensions entre elle et Jordan Bardella: les retraites. L’eurodéputé, quand il était encore envisagé comme candidat, avait évoqué dans la presse la possibilité d’une réforme dans laquelle l’âge de départ, point de crispation français, n’aurait pas de sens. Bien loin de la mesure défendue par Marine Le Pen qui, face au MEDEF, a entériné sa décision. Pendant le débat, celle qui s’est elle-même décrite comme «souverainiste» a réaffirmé sa vision: pour elle, la question est réglée, l’âge de départ à la retraite doit être fixé entre 60 et 62 ans en fonction de la longueur de la carrière. Le départ de François Durvye est donc la confirmation de la victoire de cette ligne.
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A la recherche d’une «formule magique»
C’est une «reprise en main de la campagne», analyse Gilles Ivaldi, chargé de recherches à Sciences Po. «Avec Marine Le Pen qui reprend la campagne, je pense qu’elle a à cœur de remettre le RN sur sa ligne à elle, qui essaye de trouver un équilibre qui est celui du programme du RN depuis plusieurs d’années entre, à la fois, des mesures social-populistes de redistribution, à destination de l’électorat populaire et d’autres à destination plus libérale, pour attirer un électorat de droite», explique le spécialiste.En miroir, cela tend à «marginaliser» Jordan Bardella, avance Gilles Ivaldi. Le président du parti n’a d’ailleurs pas fait le

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