Initiative sur l’alimentation: les Suisses ne veulent pas qu’on leur dise quoi manger
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Initiative sur l’alimentation: les Suisses ne veulent pas qu’on leur dise quoi manger

Publié le 27 September 2026 à 10:48
Auteur : Vincent Bourquin

ÉDITORIAL. L’initiative pour une alimentation sûre a été largement rejetée ce dimanche. Elle posait des questions pertinentes, mais les solutions proposées étaient excessivesLa question de l’alimentation est au cœur des préoccupations de notre société. Et c’est fondamental car elle touche aussi bien à la santé, au climat, aux finances sans oublier la notion de plaisir. Qui dit alimentation dit aussi agriculture, l’un des sujets politiques les plus débattus aux Chambres fédérales, où le lobby paysan demeure extrêmement puissant. Toutefois, le texte proposé ce dimanche était excessif et c'est logiquement qu'il a été très largement rejeté.Ces dernières années, les initiatives concernant ces questions se sont multipliées. Mis à part en 2017, où le contre-projet à l’initiative de l’Union suisse des paysans «Pour la sécurité alimentaire» a été largement accepté, toutes les autres ont été rejetées, car elles allaient trop loin. Elles soulevaient des questions pertinentes, mais les solutions proposées étaient irréalistes et ont braqué une majorité du monde agricole. Ce monde pourtant n’est pas monolithique, comme l’avaient prouvé en 2021 les votations anti-pesticides. Ces propositions avaient elles aussi été rejetées, mais au terme d'une campagne qui avait dégénéré avec des menaces, et des actes de vandalisme qui avaient touché les deux camps.Heureusement, de telles tensions n'ont pas entouré l’initiative sur l’alimentation. Elle a même été trop peu débattue. Tout particulièrement en Suisse romande, où aucune personnalité n’a relayé le discours de l'agricultrice bernoseFranziska Herren, à l’origine de ce texte. Cela prouve une nouvelle fois que si les partis politiques ne s’engagent pas en faveur d’un texte, les campagnes peinent à s’animer.
Lire aussi: «Pour une alimentation sûre»: pourquoi les initiants bataillent seuls

Au tour du foie gras
Cette initiative sur l’alimentation avait le défaut de ses ambitions, elle en faisait trop. A la fois préserver les écosystèmes et la biodiversité, réduire le gaspillage alimentaire, interdire le dépassement des seuils d’azote et de phosphore, et surtout imposer un taux d’autoapprovisionnement de 70% dans un délai de 10 ans. Aujourd’hui, ce taux est de 45% et il pourrait être augmenté, le Conseil fédéral espère 50% d’ici 2050.Mais les initiants ont voulu aller trop vite, trop loin: ils proposaient de bouleverser les habitudes alimentaires, de promouvoir une alimentation axée sur les denrées végétales. Créer un tel débat et remettre en question notre alimentation est essentiel, mais pas en imposant un tel rythme et en obligeant tout le monde à se nourrir de la même manière. Il s’agissait d’une réduction de la liberté de consommation qui s’apparente à un diktat.Ces mêmes ingrédients seront réunis pour une prochaine votation: celle sur le foie gras. On y parlera liberté, alimentation, avec cette fois un critère supplémentaire qui pourrait bien brouiller les pistes: le Foisgrasben.

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