Avec Geneva3d.ch, Arnaud Ricci a créé une spectaculaire simulation interactive de Genève. On y voit des véhicules en mouvement, près de 90 000 bâtiments, la météo en temps réel et des suggestions de sorties culturelles. Le projet a été réalisé avec l’aide d’agents d’intelligence artificielleC’est un site web qui devrait passionner les Genevois. Il est désormais possible de survoler la Cité de Calvin, de suivre un tram jusqu’à son prochain arrêt, d’observer les avions approchant de Cointrin ou de découvrir les embouteillages sur l’autoroute. Tout cela est possible depuis son ordinateur. Sur Geneva3d.ch, le canton se dévoile sous la forme d’une immense maquette tridimensionnelle animée. Les bâtiments, les arbres, les transports publics et même les conditions météorologiques sont reproduits sur cette plateforme gratuite.Pour construire ce jumeau numérique de Genève, Arnaud Ricci s’est appuyé sur une multitude de données publiques. Les bâtiments et les arbres proviennent notamment du Système d’information du territoire à Genève (SITG). Les horaires des transports sont fournis par les TPG et les plateformes nationales de données ouvertes. S’y ajoutent les informations cartographiques d’OpenStreetMap, les données météorologiques d’Open-Meteo, celles des avions d’OpenSky Network et les informations routières de l’Office fédéral des routes. Les événements culturels proviennent quant à eux de l’agenda de la ville de Genève, via OpenAgenda.Arnaud Ricci, spécialiste de la conception d’interfaces numériques, a réalisé seul ce site, sur son temps libre. «A la base, c’était un défi personnel de vouloir recréer le réseau des TPG de façon accessible dans un navigateur», explique-t-il. Le passionné d’intelligence artificielle (IA) a vite transformé son projet initial en une simulation beaucoup plus ambitieuse. «Le premier jet a été fait en deux week-ends, sur mon temps libre», dit-il. Deux mois plus tard, le résultat est impressionnant.
Des agents IA qui travaillent pendant son sommeil
Arnaud Ricci a confié différentes tâches de programmation à des agents autonomes, capables de travailler sans intervention humaine permanente. «Parfois, je dormais pendant qu’eux travaillaient.»Geneva3d impressionne déjà avec les données sur les transports publics. Le site affiche 85 lignes de bus, trams, trolleybus et Mouettes genevoises, soit plus de 10 000 courses durant un jour de semaine. Les retards sont également intégrés. Arnaud Ricci exploite les horaires et les retards annoncés à chaque arrêt pour estimer la position des bus et des trams. «Ce n’est pas exactement où se trouvent les véhicules», reconnaît-il, mais les données des TPG et des CFF sont actualisées toutes les quarante secondes.Les trains, les bateaux de la CGN et les avions sont également représentés, avec des degrés variables d’actualisation. Quant aux automobiles, elles sont simulées à partir des informations sur le trafic autoroutier, actualisées toutes les cinq minutes.
La Vieille-Ville de Genève.
Des sorties culturelles adaptées à la météo
Le site affiche depuis peu les événements culturels de la ville. Concerts, expositions ou soirées peuvent ainsi être découverts en fonction de leur emplacement et de leur horaire. «J’affiche que ceux qui sont en cours ou ceux qui commencent dans l’heure. Un bouton permet de voir tout ce qui se passe dans la journée», explique Arnaud Ricci.Geneva3D ne se limite pas aux transports et aux loisirs, proposant plus d’une centaine de couches d’informations géographiques: zones inondables, lieux des accidents de circulation, installations photovoltaïques, niveaux de bruit, restrictions pour les drones ou encore défibrillateurs. La température du Léman et les débits des cours d’eau peuvent également être affichés. Même les phénomènes astronomiques ont été modélisés. La position du soleil, les phases de la lune, les étoiles et les éclipses reposent sur des données scientifiques. Les arbres, dont la hauteur et l’emplacement proviennent du SITG, changent d’apparence au fil des saisons.
Un voyage dans la Genève de 1850
Le projet comporte aussi une dimension historique. Arnaud Ricci a intégré une reconstitution de Genève en 1850, avant la disparition de ses fortifications. La numérisation du relief Magnin a été menée par l’association gE-story, en partenariat avec la ville de Genève, avec une vingtaine d’organismes et plus de 40 contributeurs. Le SITG en publie les données en accès libre.Arnaud Ricci ne prévoit pas de développer lui-même une plateforme nationale, mais espère plutôt que son travail pourra servir à l’enseignement, au tourisme ou aux collectivités publiques. «J’aimerais bien, peut-être à terme, que l’Etat puisse s’en servir», confie-t-il. Pour l’heure, le site reste un projet personnel, gratuit et sans publicité, en développement continu.
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