Manque de médicaments, personnel non payé, malades coincés aux checkpoints: en Cisjordanie, le système de santé est au bord de l’abîme. A Naplouse et Jénine, médecins et infirmières témoignent de leurs extrêmes difficultés à soigner la populationL’Hôpital d’An-Najah est accroché à une colline de Naplouse, ville du nord de la Cisjordanie occupée. Pour éviter les checkpoints, les employés de cet établissement de santé ont pris l’habitude d’emprunter des routes annexes et de contourner les montagnes. Des routes plus difficiles à mesure que les violences s’aggravent. Le 23 septembre par exemple, le fils de l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, qui servait dans l’armée comme réserviste, a subi l’attaque d’une voiture bélier conduite par un Palestinien. Il est aujourd’hui entre la vie et la mort. Depuis, et comme de nombreuses fois ces derniers mois, l’armée a bouclé l’ensemble du territoire. De petits groupes de colons multiplient les actes de violence.Sans épargner le personnel médical. «Ces derniers temps, on voyage toujours en binôme pour plus de sûreté», explique Ibrahim Ghoul, 35 ans, responsable du personnel infirmier du service d’hémato-oncologie. Il habite le camp de réfugiés de Tulkarem, à une vingtaine de kilomètres à vol d’oiseau. Sans les postes de contrôle et barrages de l’armée, le trajet ne devrait pas prendre plus de vingt à trente minutes. La boule au ventre, il part chaque matin avec deux heures d’avance pour espérer arriver au travail sain et sauf et recevoir ses premiers patients. Assis en cercle dans le bureau, ses collègues hochent régulièrement la tête, et partagent à leur tour les anecdotes d’un quotidien au caractère aussi imprévisible qu’inquiétant.Voir plus
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