Il a rêvé d’une Europe unie et pacifiste, au moment où cette dernière s’apprêtait à sombrer dans la Deuxième Guerre mondiale. Aristocrate, fils putatif d’un empereur, ami et collectionneur de Maillol, Rodin ou Munch, Harry Kessler jouissait de nombreux privilèges, mais n’en a pas moins dénoncé la pauvreté des classes populaires. Jean-Pierre Pastori lui rend hommage dans une biographie richement illustréeKarl Lagerfeld disait de lui qu’il représentait «l’Allemagne sous son meilleur jour, une Allemagne disparue à jamais». Celle de la culture, du pacifisme, de la courtoisie. Difficile de déchiffrer la vie intime de cet aristocrate, mécène, diplomate, voyageur, bibliophile, écrivain surnommé dédaigneusement le «comte rouge» pour ses soi-disant accointances avec le communisme. Celui que l’on a prétendu fils illégitime de l’empereur Guillaume Ier ne cachait pas sa fibre sociale.Ses ancêtres paternels étaient originaires de Saint-Gall. Ils descendaient du prédicateur Johannes Kessler, qui fit triompher la Réforme. Du côté maternel, les Lynch, son grand-père avait conquis la Birmanie. Sa mère, Alice, mezzo-soprano, écrivaine, amie de Bismarck, beauté au tempérament shakespearien, lui a transmis le goût des arts et des lettres. Son éducation à la fois allemande, française et anglaise, en fera un Européen convaincu à l’issue de la Première Guerre.Voir plus
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