Près de 200 personnes confinées et surveillées, des services hospitaliers entiers en quarantaine et plusieurs pays voisins en alerte… En Sibérie orientale, le décès de l’employée d’un laboratoire de recherche spécialisé sur la peste a déclenché des peurs de foyer épidémique. Et avec cela, la mise en place de très importantes précautions face à cette maladie centenaire extrêmement contagieuse, dont le taux de létalité varie entre 30 et 100 %. L’affaire a rapidement pris une dimension internationale, suivie jusqu’à Washington et à Bruxelles. Daria Shipilova, technicienne de laboratoire de 28 ans à l’Institut de recherche anti-peste d’Irkoutsk, est morte dans la nuit du 1er au 2 octobre. Le média américain Axios rapporte, en citant des informations locales non confirmées depuis, qu’elle aurait brisé le 25 septembre un tube contenant l’agent pathogène de la peste pulmonaire, puis aurait été hospitalisée le 29 septembre pour une pneumonie sévère. Une "infection particulièrement dangereuse"Mais plusieurs jours après son décès, les autorités russes n’ont toujours pas confirmé qu’elle avait succombé à la peste pulmonaire. L’agence sanitaire russe chargée de la surveillance des maladies infectieuses, Rospotrebnadzor, affirme quant à elle que la chercheuse souffrait déjà d’"une pneumonie d’étiologie inconnue", et assure qu’aucun micro-organisme associé à son activité professionnelle n’a été retrouvé dans ses prélèvements.La réaction des autorités russes laisse toutefois apparaître un niveau d'inquiétude élevé. Sur Telegram, le gouverneur de la région d’Irkoutsk a affirmé que la directrice de Rospotrebnadzor, Anna Popova, s'était rendue dans la ville le vendredi 2 octobre afin d’assister à une réunion extraordinaire concernant "un cas suspect d’infection particulièrement dangereuse", relève la chaîne de télévision américaine CNN. Plus parlant encore, l’hôpital où la jeune femme a été soignée a depuis été placé en quarantaine, et plusieurs services ont interrompu leurs admissions et sorties, selon les médias locaux. La Commission européenne suit le cas "de très près" Environs 200 cas contacts auraient depuis été identifiés, et placés sous surveillance, selon les informations de CNN et Axios. En contact avec les autorités sanitaires russes, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme de son côté qu’aucun de ces cas contact n’aurait pour l’heure développé de symptômes. Selon Rospotrebnadzor, plusieurs personnes ayant été en contact avec la chercheuse ont par ailleurs été diagnostiquées positives au Covid-19 ou à un rhinovirus, sans lien établi avec la peste.Le diagnostic de peste n’est pour l’heure pas officiellement établi, tant que les analyses sont en cours, précise l’OMS. Une absence de conclusion qui ne rassure pas les gouvernements mondiaux. Plusieurs pays voisins comme le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le Kirghizistan ont annoncé renforcer leurs précautions sanitaires. Depuis Washington, la Maison-Blanche a aussi indiqué à Axios qu’elle surveillait la situation, appelant Moscou à fournir des informations "précises" "rapidement et ouvertement". La Commission européenne a elle aussi affirmé suivre "de très près" cet incident “qui semble impliquer un agent pathogène responsable de la peste”, et se tenir prête à coordonner une réponse entre les Etats membres si nécessaire.
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