CHRONIQUE. Quelle est donc cette épiphanie qui frappe Camus sous le soleil de Tipasa? L’été de l’écrivain était un refuge, le nôtre serait une punition collective. S’il est notre rocher, nous n’avons d’autre échappatoire que d’apprendre à l’aimer, écrit Alexis FavreComment ne pas penser à lui dans la fournaise? A Camus et à son été invincible, redécouvert à Tipasa, dans sa «campagne noire de soleil», «ses couleurs qui tremblent au bord des cils» et sa «lumière à gros bouillons». L’Europe est alors au seuil de la guerre, elle est le froid, le malheur. Et voilà que de retour sur cette côte algérienne, «au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible», écrit le génie dans les absinthes.Cette célèbre phrase étant malheureusement devenue un hit du prêt-à-penser sur Instagram, de celles que l’on écrit en italique sur un coucher de soleil entre trois photos de vacances que l’on espère flatteuses, sa profondeur s’est un peu perdue en route. C’est dommage. Alors reprenons.Voir plus
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