Les maçons vaudois ont une nouvelle Convention collective de travail (CCT), qui permet plus de vacances pour les apprentis et contient des critères météorologiques pour mieux protéger la santé des travailleurs. Ils demandent aussi à ce que les heures perdues en cas de canicule puissent être prises en chargeLes maçons vaudois bénéficient d’une nouvelle Convention collective de travail (CCT) qui prévoit notamment plus de vacances pour les apprentis ainsi que des critères météorologiques hivernaux comme estivaux pour mieux protéger la santé des travailleurs. Ce texte vient compléter la nouvelle convention nationale (CN) 2026-2031, approuvée en décembre dernier.Dans le détail, la CCT vaudoise prévoit que les vacances d’un apprenti de 1re année passent de cinq à dix semaines par an, et suivent un schéma dégressif au fil de la formation, à savoir 8 semaines en 2e année et 6 semaines en 3e année. Durant ces congés supplémentaires, les apprentis doivent toutefois effectuer un travail individuel de consolidation des bases théoriques, réalisable en une quinzaine de minutes quotidiennes sur un téléphone ou un ordinateur portable.Ce projet pilote vaudois, baptisé «génération Z», a pour objectif de contrer la chute de 40% des nouveaux contrats d’apprentissage constaté ces dix dernières années. Lancé en 2024, il est désormais intégré dans la CCT. «Nous avons des retours très positifs. Les jeunes sont ravis et cela rend le passage de l’école au chantier moins rude», s’est réjoui Pietro Carobbio, responsable construction au syndicat Unia Région Vaud, lundi devant les médias à Lausanne.
Deux fois plus d’apprentis
La mesure semble fructueuse puisque le nombre de contrats d’apprentissage signés a doublé entre 2024 et 2026, passant de 35 à 70. «C’est encourageant de voir que ça va dans le bon sens», a déclaré Jean-Luc Jaquier, président du groupe vaudois des entreprises de maçonnerie et du génie civil. Il a souligné que les cours allaient au-delà des exigences fédérales, favorisant l’évolution d’un jeune au cours de sa carrière.
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La nouvelle CCT formule également des critères météorologiques à partir desquels une entreprise doit prendre des mesures pour protéger la santé des travailleurs. Ceux-ci sont fixés à un ressenti de la température de -8 °C, à 1 mm de pluie ou 1 cm de neige par heure, ainsi qu’à une température de plus de 33 °C à l’ombre. Les mesures peuvent consister en du travail à l’intérieur ou à l’ombre, et aller jusqu’à un arrêt complet du travail.En cas d’arrêt du travail, le canton dispose d’un fonds, baptisé «Fond santé et sécurité des Institutions vaudoises de la construction» (IVC) destiné à indemniser les heures perdues. Cet été, il a délivré quelque 1,1 million de francs à plus de 4000 travailleurs, en hausse quasi constante depuis 2021.
Des revendications liées au climat
Outre la nouvelle CCT, les partenaires sociaux ont présenté des revendications communes, relatives au réchauffement climatique. Ils demandent ainsi une modification de la loi sur le chômage afin que celle-ci puisse prendre en charge les heures perdues en cas de canicule, ainsi qu’une dérogation au niveau cantonal pour pouvoir commencer et finir plus tôt le travail en période de canicule.
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Ils demandent également la désignation d’une autorité cantonale (médecin cantonal ou autre) susceptible de décider de l’adoption de cet horaire, ainsi que l’arrêt des sanctions pour les retards de chantiers lorsque ceux-ci sont causés par la canicule. «On veut être prêts pour l’été 2027, où on risque d’être confronté à ces mêmes problèmes», a conclu Pietro Carobbio.
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