La résistance du Canada face à Trump: un exemple pour l’Europe et la Suisse
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La résistance du Canada face à Trump: un exemple pour l’Europe et la Suisse

Publié le 25 August 2026 à 17:56
Auteur : Le Temps

ÉDITORIAL. Ottawa assume une rupture à son corps défendant avec Washington, malgré un coût potentiel de 90 000 postes. Au-delà de l’économie, le premier ministre Mark Carney rejette la guerre culturelle que mène le président des Etats-Unis contre l’identité canadienneOn n’a peut-être pas encore pris à sa pleine mesure la décision du premier ministre canadien de mettre fin à des négociations commerciales jugées «inéquitables» avec les Etats-Unis et de riposter avec des taxes douanières sur les produits américains. Pour nombre de Canadiens, le geste est «historique». Il l’est d’autant plus que l’économie du pays à la feuille d’érable dépend fortement de son grand voisin. Le refus de Mark Carney de céder aux intimidations de la Maison-Blanche a été salué par une majorité de Canadiens, mais il risque d’avoir un coût astronomique. Selon certaines analyses, 90 000 postes de travail pourraient être détruits. Mais la guerre commerciale totale aura elle aussi des conséquences pour l’administration Trump dans la perspective des élections de mi-mandat.Si Mark Carney obtient une telle adhésion et qu’il s’apprête à débloquer 4,3 milliards de francs d’aide aux entreprises, ce n’est pas que pour des raisons liées à la défense de l’économie. Le premier ministre refuse aussi la guerre culturelle impitoyable que Donald Trump livre au Canada. Le président américain n’envisage-t-il pas de renommer le lac Ontario «lac d’Amérique»?
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Souveraineté
Dans les années 1970, l’autrice Margaret Atwood voyait dans le nationalisme canadien un réflexe de survie. Aujourd’hui, le choix d’Ottawa relève de l’expression légitime de souveraineté d’un Etat qui rejette toute vassalisation. Il participe aussi de l’identité du Canada. Comment Donald Trump peut-il décemment s’en prendre au français, pierre angulaire du caractère bicéphale du pays? La rupture avec l’Amérique trumpiste a été assumée par Mark Carney à son corps défendant. L’ex-banquier central était convaincu des bienfaits de l’immense espace de libre-échange que constituent les Etats-Unis, le Mexique et le Canada. Ottawa et Washington avaient toutes les raisons de prospérer ensemble. Donald Trump en a décidé autrement.L’acte de résistance du gouvernement canadien, renforcé mardi par sa décision d’imposer à son tour des surtaxes de 15 à 50% sur divers produits états-uniens, doit interroger les Européens et les Suisses sur l’attitude à adopter face à un président américain qui a décidé de casser tous les fondements de la coopération internationale dans des accès d’irrationalité incompréhensibles. Face à Donald Trump, c’est le modèle européen qui est en jeu et que nombre d’Américains nous envient.L’heure est au refus des diktats d’une Amérique qui a perdu le nord. Il faut se rendre à l’évidence: ce n’est pas à coups de lingots qu’on apaisera le chef de la Maison-Blanche. Et qui sait: comme le dit l’acronyme TACO, «Trump finit toujours par se dégonfler».
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