Dans «La Bascule», l’historien français montre avec brio comment le patronat, l’Eglise, l’armée et la bourgeoisie cultivée ont adhéré aux nazis. Entretien au cœur du Jura français, là où il raccommode le passé, avant Le Livre sur les quais à MorgesLa divine métamorphose. Le 1er février 1933, tout frais et pimpant chancelier du Reich – le spectral président Paul von Hindenburg, 86 ans, l’a nommé la veille – Adolf Hitler s’adresse au peuple allemand par la voie des ondes. Il martèle son credo et annonce que le gouvernement «va particulièrement protéger le christianisme, comme base de notre morale tout entière […].» Le haut clergé catholique est en pâmoison. Le 10 février, au Palais des Sports à Berlin, il récidive, en encensant «le nouveau Reich allemand de la grandeur, de l’honneur, de la puissance et de la gloire, de la justice, amen!»«Plus papiste que le pape», se réjouit Mgr Faulhaber, archevêque cardinal de Münich. Adolf Hitler et ses sbires sont aussi efficaces que cyniques. Ils n’ont aucun tabou. Le centriste Franz von Papen, routinier de l’intrigue qui a été chancelier et qui est désormais vice-chancelier, croit pourtant pouvoir manœuvrer l’histrion, le remettre au pas s’il le faut, le faire couiner, tiens, s’il dépasse les limites. Mais le 23 mars 1933, le Zentrum de Mgr Kaas votera bien les pleins pouvoirs à Hitler et à son gouvernement, pour une durée de quatre ans et une semaine, bail qui sera renouvelé le 30 janvier 1937.Voir plus
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