[pfp_nav_auth]
Isata Kanneh-Mason, nouvelle star du piano, à l’assaut de «Rach 3»: «une œuvre pas si terrifiante…»
LE TEMPS Politique international
Article complet

Isata Kanneh-Mason, nouvelle star du piano, à l’assaut de «Rach 3»: «une œuvre pas si terrifiante…»

Publié le 21 July 2026 à 05:30
Auteur : Le Temps

Son sourire et son énergie sont contagieux, même avec la distance d’un Zoom entre Londres et Gstaad. Aînée d’une fratrie de sept enfants, tous musiciens, la jeune pianiste anglaise répond à nos questions avec une belle simplicité, à quelques mois de ses grands débuts à Gstaad dans le «Troisième Concerto» de Rachmaninov aux côtés d’Iván Fischer et de son Budapest Festival Orchestra (16 août)La musique a-t-elle toujours fait partie de votre vie?
Oui, même si mes parents ne pratiquent pas en professionnels – ma mère enseigne à l’Université de Birmingham et mon père travaille dans l’hôtellerie. Je me rappelle que, toute petite déjà, j’écoutais beaucoup de disques, notamment dans la voiture de mon père, dont j’essayais de reproduire la mélodie une fois de retour à la maison ou sur le piano de mes grands-parents. Il n’y avait pas de frontières de genre, même si le classique était prédominant. Avec Braimah, Konya et Aminata au violon, Sheku, Jeneba et Mariatu au violoncelle, nous n’avons pas tardé à créer un véritable petit orchestre familial.
Le public anglo-saxon l’a d’ailleurs découvert en grande pompe en 2015 lorsque les six plus âgés de la famille ont pris part au fameux show télévisé «Britain’s Got Talent», avant que votre mère ne signe en 2020 un très joli ouvrage intitulé «House of Music. Raising the Kanneh-Masons». Vous avez néanmoins suivi un parcours académique plutôt traditionnel…
J’ai eu la chance de profiter dès l’adolescence de la structure d’enseignement aménagé de la Purcell School for Young Musicians, avant d’intégrer la Royal Academy of Music, qui est, je pense, ce qui se fait de mieux en Angleterre. Au-delà de la bourse octroyée par Sir Elton John (qui est un ancien élève de l’école), j’y ai bénéficié d’un enseignement très complet. J’ai poursuivi en parallèle l’étude du violon et de l’alto afin de pouvoir prendre part aux sessions d’orchestre, le piano étant une discipline plutôt individuelle.
De trois ans plus jeune que vous, c’est pourtant votre frère Sheku qui a percé le premier: avez-vous senti s’installer une forme de compétition?
Jamais. Sheku a simplement remporté très jeune un important concours – le Prix BBC Young Musician –, mais rien n’a fondamentalement changé entre nous. Au contraire, il m’a beaucoup soutenue et son parcours a été une source d’inspiration pour me permettre à mon tour de faire ma place au soleil.
Vous faites le voyage de Gstaad cet été en compagnie d’Iván Fischer: avez-vous déjà joué avec lui?
Oui, mais avec l’Orchestre des Jeunes de l’Union européenne; ce sera une première avec le Budapest Festival Orchestra. Je me suis par contre déjà produite en Suisse, mais pas encore à Gstaad; j’ai hâte. Je trouve le public particulièrement attentif… et tout est si propre chez vous, rien à voir avec Londres!
Vous avez choisi le fameux «Troisième Concerto» de Rachmaninov, une œuvre qui a la réputation d’être une briseuse de doigts…
Je pense que les médias et le cinéma en particulier ont largement exagéré la chose. C’est vrai que c’est un concerto particulièrement vaste et intense, qui nécessite un long compagnonnage avant de pleinement le dominer. Avec ses grandes arches, il met certes le mental à rude épreuve, mais pour ce qui est de la technique, il est clairement très bien écrit, par quelqu’un qui maîtrise comme personne toutes les subtilités du piano.

Ce sujet parle de : énergiebourse
← Retour aux sujets

Points de vue opposés



Chargement des points de vue opposés...

Autres articles récents chez Le Temps