Il y a 550 ans, le triomphe de l’impérialisme bernois à Grandson et Morat dessinait les contours de la future Suisse
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Il y a 550 ans, le triomphe de l’impérialisme bernois à Grandson et Morat dessinait les contours de la future Suisse

Publié le 30 August 2026 à 10:08
Auteur : Frédéric Koller

En 1476, Berne et les Confédérés écrasaient l’armée du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Un nouvel espace muséal au Château de Grandson et un livre offrent une relecture de ces guerres de Bourgogne. Et rétablissent quelques faits d’une histoire longtemps faussée par le récit nationaliste hérité du XIXe siècle.En Suisse, on a longtemps retenu cette version de l’histoire des batailles de Grandson et de Morat en 1476: agressés par Charles le Téméraire, les Suisses mirent une bonne raclée aux Français. Avec cette leçon: des combattants primitifs descendus de leurs montagnes ont terrassé un tyran armé des dernières technologies militaires dans un geste attestant le courage et la volonté d’indépendance d’un peuple épris de liberté et protégé par Dieu. «Tout est faux dans ce récit», explique Camille Verdier, le directeur du Château de Grandson, forteresse médiévale dominant le lac de Neuchâtel qui a rouvert ses portes ce printemps après quinze ans de travaux de rénovation. Sur trois étages, son nouvel espace muséal raconte 1000 ans d’histoire en offrant une relecture des guerres de Bourgogne dont on célèbre le 550e anniversaire. Contrairement aux collections un peu foutraques (mêlant voitures de collection, copies d’armure et soldats de plomb) imaginées par les précédents propriétaires du château, l’exposition est réalisée par un comité scientifique soucieux des sources. Un véritable décapant.Au pied des hauts murs du château, on frissonne encore à l’évocation du massacre de sa garnison bernoise par les troupes de Charles le Téméraire après leur reddition, fin février 1476. Affamés derrière leurs murailles, plus de 400 hommes avaient abandonné le combat contre la promesse d’une vie sauve. Tous seront pendus ou noyés. Leur martyre attestait de la cruauté d’un duc dont la réputation n’était plus à faire. C’est du moins ce qu’a longtemps relayé l’historiographie officielle. C’était oublier que cette mise à mort est une vengeance exécutée à la demande de la population d’Yverdon, elle-même victime des razzias bernoises en 1475, rappelle Camille Verdier. Les faits? A Grandson, comme à Morat quelques mois plus tard, Charles le Téméraire – qui n’était pas Français – venait non pas en conquérant mais libérer des cités vaudoises récemment pillées et occupées par Berne et Fribourg. Un pays de Vaud qui était alors un territoire du duché de Savoie, lui-même allié au duché de Bourgogne.Voir plus

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