D’une montagne à l’autre, l’indispensable solidarité de la Suisse face au désastre dans l’Himalaya
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D’une montagne à l’autre, l’indispensable solidarité de la Suisse face au désastre dans l’Himalaya

Publié le 28 August 2026 à 17:20
Auteur : Aline Jaccottet

Les crues qui ont dévasté le Népal et le Tibet tout comme les canicules en Europe révèlent notre impréparation face au changement climatique. Pour l’affronter, nous devons repenser la normalité. Et renforcer notre solidarité avec les victimesOn l’appelle le toit du monde; son seul nom élève l’âme. Mercredi pourtant, les vallées de l’Himalaya se sont transformées en cimetières. La crue gigantesque qui a dévasté la région située à la frontière entre le Népal et le Tibet, sous protectorat chinois, a tué 600 personnes au moins, selon le dernier bilan disponible à l’heure d’écrire ces lignes. Les disparus? Ils sont au nombre de 2500, dont des centaines de touristes étrangers. Quarante kilomètres de routes et 64 ponts, dont 45 suspendus, ont été anéantis. Vendredi, un autre danger s’ajoutait, qui menace en particulier les secouristes: le débordement d’un lac formé par les crues dans les trois jours à venir.A l’issue d’un été où canicules et incendies se sont succédé en Europe, cette tragédie nous rappelle combien l’être humain est dépassé par le changement climatique. Pays pauvre et immense, le Népal ne dispose certes pas de systèmes d’alertes aussi efficaces qu’en Suisse. La région dévastée mercredi avait d’ailleurs subi des crues meurtrières en 2024 et 2025 déjà.
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Un pays construit pour un climat qui n’existe plus
Mais les questions des Népalais après cette tragédie nationale font écho aux nôtres. Par exemple, comment construire? Ici, on débat beaucoup de l’adéquation des logements aux fortes chaleurs ou de l’adaptation de nos pratiques agricoles. Au Népal, c’est la résistance des maisons et des infrastructures qui interroge en premier lieu. Ces dix dernières années, la Chine a par exemple investi dans des projets hydroélectriques sur un même cours d’eau, sans coordination. Résultat, les installations qui se trouvaient en aval d’un barrage qui s’est rompu ont toutes été détruites mercredi. «Nous construisons un pays pour un climat qui n’existe plus», relevait jeudi avec douleur Sandeep Joshi, éditorialiste pour The Kathmandu Post.
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Partout dans le monde, des catastrophes poussent à intégrer l’extraordinaire dans la norme. La température bat aujourd’hui des records? Demain, ce sera la norme; il faut donc adapter nos logements et nos modes de vie, le plus tôt sera le mieux. Au Népal, pays aux 3252 glaciers et 2323 lacs glaciaires, dont 20 potentiellement dangereux, ce sont les normes de sécurité et de prévention qui doivent être renforcées face à la multiplication des désastres.Face à un changement climatique qui ne connaît pas de frontières, la coopération internationale aussi doit être étendue. La Suisse en donne un exemple intéressant. Touché en 2017 à Bondo (GR) par un phénomène semblable à celui qui a dévasté les vallées de l’Himalaya mercredi, notre pays développe actuellement des systèmes d’alertes précoces pour prévenir les catastrophes au Népal. Un geste de solidarité indispensable, d’une montagne à l’autre. A l’extrémité du monde, si proche de nous pourtant.
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