Depuis plus de trente ans, l’autrice de «Max et Lili», Dominique de Saint Mars, ausculte les peurs, les chagrins et les tabous de l’enfance. Rencontre à Paris avec une sociologue de formation dont les bandes dessinées, éditées en Suisse, sont devenues les médiatrices invisibles des familles contemporainesLorsqu’elle nous ouvre la porte de son petit palais de bois niché sous les toits, aux airs de chalet suisse suspendu au-dessus des zincs parisiens, Dominique de Saint Mars nous accueille en joignant ses deux mains sur le cœur. Les murs, tapissés de toiles vives et hétéroclites, racontent déjà une vie de couleurs. «Je trouve qu’on s’embrasse trop!» lance-t-elle dans un rire. En Bretagne, où se trouve sa seconde demeure, les enfants la croisent dans la rue et lui adressent spontanément un namasté.Les enfants, la mère de Max et Lili en a deux dans la vraie vie, et deux autres immortalisés sur le papier – à moins que ce tandem mythique ne soit que la projection d’elle-même et d’un de ses frères adorés, Jean. Peu importe la frontière entre le réel et la fiction: elle veille sur la jeunesse comme si chaque bambin était le sien. Depuis plus de trente ans, la journaliste devenue autrice s’invite dans les chambres d’enfants pour y déminer les sujets les plus complexes, de la jalousie au deuil, ouvrant un dialogue salutaire entre eux et leurs parents, leurs enseignants, leurs médecins et bien sûr leurs copains. Son dernier tome, présenté lors de la rentrée littéraire, aborde les réalités des familles arc-en-ciel. Avec 138 albums cartonnés au compteur, ces histoires ont façonné son existence. Et à voir l’étincelle qui l’anime au milieu de ses souvenirs, l’histoire est loin de s’arrêter là.Voir plus
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