Depuis quelques années, le rose a fait son apparition sur les terrains de football. Faut-il y voir le signe que la couleur, en se diffusant dans le vestiaire sportif, s’émancipe du genre féminin auquel elle était attachée?Le 4 septembre 2005, à Perpignan, les joueurs du Stade français entrent sur le terrain en maillot rose. Cela ne manque pas de faire réagir les commentateurs. Dans les tribunes, des insultes fusent. A la mi-temps, le capitaine adverse, Bernard Goutta, lance, sidéré: «Décidément, j’aurai tout vu. Il est temps que j’arrête le rugby.»Vingt et un ans plus tard, lors de la Coupe du monde de football, qui s’est déroulée du 11 juin au 19 juillet, 19 des 22 titulaires du match d’ouverture Mexique-Afrique du Sud ont foulé la pelouse en crampons fuchsia. Le début d’une compétition où le rose s’est généralisé, sans commentaires péjoratifs, voire avec des envolées lyriques du commentateur argentin Omar da Fonseca, qui, lorsque l’équipe de France l’a emporté contre le Maroc (2-0), le 9 juillet en quarts de finale, a lâché «la vie en bleu, l’habit en rose» après les buts de Kylian Mbappé et d’Ousmane Dembélé, crampons rose aux pieds.Voir plus
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