Transposition d’un court roman d’Arthur Schnitzler, ce film de Kent Jones raconte l’histoire d’un employé de la poste, ancien poète amateur que redécouvre un groupe de jeunes. Portée par un immense Willem Dafoe, l’adaptation conserve toute la malicieuse sagesse du livreLe cinéma vous réserve parfois de jolies surprises, y compris en provenance des Etats-Unis. La preuve avec Kent Jones, ancien critique, directeur de salle et de festival devenu documentariste aux côtés de Martin Scorsese (A Letter to Elia) et scénariste pour Arnaud Desplechin (Jimmy P.), est clairement de ceux-là. Passé le cap de la soixantaine, il s’était enfin décidé à tenter la fiction avec Diane, portrait sensible d’une septuagénaire dévouée mais aussi hantée par ses démons (en compétition à Locarno en 2018). Et voilà qu’il remet ça avec Late Fame, adaptation de Gloire tardive, un délicieux roman posthume d’Arthur Schnitzler, rédigé en 1894, redécouvert et enfin publié séparément en 2014.A priori, on ne voyait pas cette histoire échapper à son cadre d’époque viennois. Et puis, comme Stanley Kubrick pour la fameuse Traumnovelle du même auteur, devenue Eyes Wide Shut, mais sans doute aussi faute de moyens, Kent Jones a osé la transposition à New York, de nos jours. S’agissant d’une toute petite production indépendante, le résultat ne saurait bien sûr être du même calibre. Mais il tient parfaitement la route, sans trahir l’esprit de l’original, en offrant un nouveau rôle en or à l’indispensable Willem Dafoe.Voir plus
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