Ukraine : les caisses de guerre fondent sous les frappes russes
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Ukraine : les caisses de guerre fondent sous les frappes russes

Publié le 05 October 2026 à 14:01
Auteur : Enola Richet

Les coffres ukrainiens finançant la guerre et le fonctionnement du pays s'épuisent, au moment même où la Russie décuple ses efforts pour anéantir méthodiquement son économie. Depuis la fin de l’été, Moscou a largement intensifié ses attaques de drones et de missiles contre les entrepôts, usines, chemin de fer et port ou encore infrastructures énergétiques, qui permettaient encore à l’Ukraine de survivre. Avec succès : selon le journal britannique Financial Times, 2,1 millions des 5 millions de mètres carrés d’entrepôts modernes que comptait le pays ont déjà été détruits. Les trois principales aciéries encore en activité ont elles aussi été mises à l’arrêt après plusieurs frappes de missiles balistiques début septembre : elles assuraient ensemble 90 % de la production ukrainienne d’acier, et employaient 15 000 personnes désormais sans travail. "La Russie veut tuer l’économie ukrainienne et, par ce biais, briser notre résistance", résumait Volodymyr Zelensky mi-septembre.Pourquoi les réserves ukrainiennes sont à sec Cette campagne aérienne russe frappe directement les ressources et recettes financières dont Kiev a désespérément besoin pour financer sa riposte au front. Le Premier ministre Sergii Koretskyi estimait en septembre auprès du quotidien économique britannique que les dernières destructions russes allaient priver l’Etat ukrainien d’environ 1,5 milliards de dollars de recettes fiscales. Le blocus russe de la mer Noire coûte parallèlement environ 1,5 % du PIB au pays, alors que les routes alternatives ne permettent plus d’exporter que 40 % des volumes agricoles habituels. Et la pression russe se fait de plus en plus écrasante à l’approche de l’hiver : le 30 septembre, le journal Politico rapportait que les frappes russes contre les infrastructures critiques étaient devenues presque continues. Lors d’un seul épisode de frappes répertorié dans les 12 et 13 septembre, quelque 800 drones ont été lancés en 24 heures, touchant notamment des infrastructures ferroviaires et des stations-service dans l’ouest du pays. Les 29 et 30 septembre, une autre attaque russe a visé les infrastructures de Kiev et sa région avec près de 190 drones et missiles, provoquant d'importantes coupures d'électricité. "Depuis l’été, il n’y a pratiquement pas eu un seul jour sans attaque contre les infrastructures énergétiques" a depuis confirmé le Premier ministre. 70 milliards nécessaires pour 2027 Attaquées de toutes parts, les réserves financières ukrainiennes se réduisent donc dangereusement. Dans ce contexte, la relation se tend aussi avec ses alliés : fin septembre, le Premier ministre estimait à encore 27 milliards de dollars le manque de financement de la Défense ukrainienne pour 2026. Après plusieurs jours de consultations à Bruxelles, Kiev et la Commission européenne ont finalement conclu ce début octobre que les besoins de cette année pourraient être couverts, principalement par des aides européennes déjà promises mais pas encore versées. Problème : l'Ukraine affirme avoir besoin de liquidité dès maintenant pour commander les armes et munitions qui ne seront livrées que l’année prochaine, explique Politico, comme les drones longues portée. La situation s’annonce pire encore en 2027, puisque le déficit attendu est bien plus massif. D’après le quotidien allemand le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), Kiev pourrait alors avoir besoin de quelque 70 milliards d’euros supplémentaires, dont 40 milliards pour la défense et 30 milliards pour son budget courant. La marge de manœuvre se réduit pour le pays de Volodymyr Zelensky. Sans nouveaux financements extérieurs, l’Ukraine devra commencer à sabrer dans certaines dépenses jusqu’ici protégées. Le Premier ministre Koretskyi a déjà annoncé un régime strict d’austérité afin de préserver en priorité la défense, les soldes des militaires et le soutien à leur famille, les retraites et les salaires des fonctionnaires (enseignants, médecins et agents publics). Pour les Ukrainiens, cette guerre d’attrition économique est visible jusque dans les supermarchés, où les premières pénuries depuis le début de la guerre sont observées à cause des frappes. Dans certaines enseignes, des pancartes ont fait leur apparition sur les rayons vides, rapporte le Financial Times. "La Russie a détruit ce produit", peut-on y lire.

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