En 2005, Damien Ressiot apportait la preuve irréfutable du dopage de Lance Armstrong. Pourtant, c’est ce journaliste qui fut mis en accusation. Une étude de l’Université de Lausanne montre comment un large réseau de complaisance a pu neutraliser l’enquêteEn août 2005, «Le mensonge d’Armstrong» fait la une du journal L’Equipe. Cet article du journaliste Damien Ressiot suscite un retentissement international considérable. A la suite d’un travail d’investigation journalistique, il apporte la preuve irréfutable que six échantillons du cycliste Lance Armstrong, prélevés lors du Tour de France de 1999, contenaient de l’EPO. Cependant, le cadre légal du nouveau code mondial de 2004 de l’Agence mondiale antidopage (AMA) ne permettait pas de le sanctionner parce qu’il s’agissait d’échantillons destinés à la recherche. Malgré ces preuves, Armstrong bénéficie d’un large soutien. L’enquête est contestée et se retourne contre Damien Ressiot, qui est lui-même mis en accusation.Ce paradoxe a constitué le point de départ de notre recherche. Dans un premier temps, le cas d’Armstrong a fait l’objet d’une étude sociologique indépendante, s’appuyant sur un riche corpus empirique composé de rapports officiels, d’articles de presse et de travaux journalistiques, afin de comprendre les mécanismes qui avaient permis au cycliste de retourner l’accusation. Nous, sociologues à l’Université de Lausanne, avons ensuite contacté Damien Ressiot afin de confronter nos premières analyses à son expérience et à ses archives personnelles. La convergence entre l’analyse sociologique et l’autoanalyse du journaliste nous a finalement conduits à coproduire cette recherche.Voir plus
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