Le soir de son élection au poste de général de l’armée suisse, Henri Guisan rencontre un agent de liaison de l’armée française. Le scénario d’une coopération militaire en cas d’invasion allemande se met alors en branle, dans le plus grand secret. Seuls quatre Romands sont dans le coup, à l’insu du Conseil fédéral et de l’état-majorA 17 kilomètres au nord de Delémont, Lucelle est une bourgade de quelques dizaines d’habitants à cheval sur la frontière franco-suisse. Son vallon baigné d’un étang fait la joie des promeneurs et les ruines d’une abbaye cistercienne témoignent d’un riche passé. Ce fut aussi le théâtre d’étranges échanges au début de la Deuxième Guerre mondiale. A l’aube du 15 mai 1940, un détachement précurseur de l’armée française se présenta ainsi à la douane suisse, en demandant à pouvoir entrer «conformément aux ordres». Son capitaine explique avoir une «mission de liaison entre l’armée suisse et l’armée Garchery», du nom du commandant de la VIIIe armée française dans la trouée de Belfort. Le responsable du poste alerte alors le chef du renseignement suisse, Roger Masson. «J’ai prié notre camarade français bien intentionné de ne pas insister, témoignera après la guerre le lieutenant-colonel. Aucune autorité, ni militaire ni civile n’intervint dans cette affaire, à laquelle je n’attachai moi-même que peu d’importance.» Les Français firent alors demi-tour.
Panneaux de signalisations à Lucelle, frontière franco-suisse. — © IMAGO/imageBROKER/Michael Szönyi / IMAGO/imagebroker
Voir plus
Pour offrir la meilleure expérience, nous utilisons des technologies telles que les cookies afin de stocker et/ou d’accéder à des informations sur votre appareil. En consentant à ces technologies, vous nous permettez de traiter des données telles que votre comportement de navigation ou des identifiants uniques sur ce site. Ne pas consentir ou retirer son consentement peut affecter négativement certaines fonctionnalités et fonctions.