Depuis 1996, ce centre artistique et culturel sédunois fait dialoguer arts visuels, musique et résidences d’artistes. Pour ses trente ans, la Ferme-Asile ouvre grand ses portes du 11 au 13 septembre pour un week-end de fêteDans le quartier de Vissigen, à Sion, une ancienne ferme est devenue en trente ans un lieu incontournable de la création contemporaine romande. Sous son immense charpente de bois, artistes, musicien·nes et publics se croisent, tandis qu’ateliers, espaces d’exposition et salle de concert font dialoguer des pratiques qui ne se rencontrent pas toujours ailleurs.Le bâtiment, construit en 1955, est aujourd’hui classé à l’inventaire du patrimoine bâti de la ville de Sion pour la singularité de son architecture en U, dont la cour intérieure s’ouvre sur le Cours Roger Bonvin. Son histoire reste pourtant assez méconnue. La Ferme-Asile était à l’origine l’exploitation agricole qui nourrissait l’hôpital de Sion, alors divisé entre un hôpital-asile voué à l’assistance aux personnes défavorisées et un hôpital régional consacré aux soins. Le foin s’entassait dans ce qui est aujourd’hui la Grange, espace dédié aux expositions; les vaches dormaient là où résonne désormais la salle de concert. Jusqu’au milieu des années 1980, la ferme reste liée à cette double mission sociale et médicale, avant que l’hôpital ne se recentre sur le soin et que la ferme, coupée de ses terres par la construction de l’autoroute, ne cesse d’être exploitée. Elle reste à l’abandon pendant une dizaine d’années.C’est dans ce bâtiment déserté qu’un groupe d’artistes – Angel Duarte, Laurent Possa, Pierre-Alain Zuber, Robert Hofer et Camille Cottagnoud – perçoit un potentiel: faire de cette ferme en périphérie de la ville un espace entièrement dédié à la création, pensé dès l’origine pour «rapprocher le public du monde de l’art». Entre 1994 et 1996, la bâtisse est réhabilitée avec l’aide de bénévoles et de personnes engagées dans un programme de réinsertion professionnelle, avant que l’association de la Ferme-Asile ne voie le jour en 1996, portée par le soutien de la municipalité de Sion, de la Fondation de l’Hôpital-Asile et de l’Etat du Valais. La même année s’ouvrent les premiers ateliers d’artistes (on en compte désormais 14) ainsi qu’une cafétéria (un des restaurants les plus réputés de la ville aujourd’hui) conçue à partir de matériaux de récupération. En 1997, la petite salle de concert accueille ses premiers concerts de jazz contemporain.
Ferme-Asile, 1994 — © Robert Hofer
Le lieu n’a ensuite cessé d’évoluer, au gré des besoins et des financements, sans perdre son esprit d’origine. En 2009, treize ans après son inauguration, l’immense Grange de 800 m² est entièrement rénovée et son toit isolé, permettant une exploitation toute l’année. En 2023, la Ferme-Asile s’agrandit d’un second site: la Grenette, ancienne galerie municipale nichée dans la vieille ville de Sion, dédiée à la création émergente locale et extra-régionale.Dès l’origine, le projet reposait sur une idée simple: offrir aux artistes des espaces et du temps pour créer, tout en permettant au public d’entrer en contact avec la création contemporaine valaisanne, suisse et internationale. La Ferme-Asile n’est donc pas un simple lieu pour des expositions et des concerts. Elle accueille des artistes en résidence, accompagne de jeunes créateur·ices, propose une programmation riche et variée d’ateliers pour des familles ou de projets participatifs, sans jamais cloisonner les disciplines. Une exposition y dialogue avec une performance, un concert avec une résidence, une sortie de résidence avec une lecture ou une projection. La création y est envisagée autant comme un résultat que comme un processus, avec une attention toujours portée aux conditions dans lesquelles les artistes travaillent. Le public occupe une place centrale dans cette équation, et le restaurant comme les espaces extérieurs en font aussi un lieu de vie unique où l’on prolonge volontiers une visite ou un concert. Trente ans après sa création, l’institution fonctionne toujours sur un mode associatif, portée par une histoire collective d’artistes, de collaborateur·ices, de bénévoles, de partenaires et de publics variés.
Trois jours pour célébrer 30 ans
Du 11 au 13 septembre 2026, la Ferme-Asile célébrera cet anniversaire avec un programme à l’image de son identité plurielle. Les festivités s’ouvriront le vendredi 11 septembre à la Grenette, avec une partie officielle et le vernissage de l’exposition CHARPENTES de Vincent Fournier. Artiste résident à la Ferme-Asile depuis près de quinze ans, il y présentera une nouvelle série de peintures inspirée notamment par la charpente de la Grange, et dévoilera une éd
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