OPINION. De chaque nouveau succès sportif des Bleus le récit national tire une preuve apparente d’un vivre-ensemble réussi; l’instrumentalisation de cette communion ne doit pourtant pas masquer l’importance d’un travail de fond contre les préjugés racistes qui perdurent, écrit le consultant en politiques publiques Lorenzo FalcucciA l’heure où l’équipe de France enchaîne les victoires et ses joueurs font preuve de tous leurs talents, beaucoup se réjouissent d’un prochain titre. A la perspective d’un nouveau palmarès sportif s’associe l’espoir d’une communion nationale, fédératrice des diverses communautés qui composent le paysage actuel de la société française. Dans les grands moments de communion populaire, qui ne se souvient pas – ou, pour les plus jeunes, qui n’en a pas entendu parler – de l’engouement suscité par «Black, Blanc, Beur», image collective porteuse d’espérances de cohésion à l’issue du titre de 1998? Un mythe qui n’attend que la prochaine échéance sportive pour se raviver. Car si les moments de ferveur collective – comme la Coupe du monde de 1998, celle de 2018 ou les Jeux olympiques de Paris 2024 – ont pu jouer un rôle, ils n’ont été que trop symboliques, partiels ou temporaires.
Sur le fond, rien ne bouge
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