CHRONIQUE. Alors que les festivals musicaux se trouvent pour certains dans une extrême fragilité, la FIFA a annoncé que la finale de la Coupe du monde verrait sa mi-temps consacrée à un grand concert, comme lors du Super Bowl. Réjouissant? Pas vraiment…Que retenir de la Coupe du monde 2026, si ce n’est un magnifique parcours de l’équipe de Suisse, cette Nati qui nous rassemble? Hélas, son côté business exacerbé, comme si les Etats-Unis faisaient tout pour américaniser un sport né en Europe. Et le pire, c’est que le président de la FIFA, ce Suisse qui ne rassemble personne, a totalement accepté que la fédération qu’il dirige se fasse dicter sa loi par cette grande puissance au sommet de laquelle trône son ami, avec lequel il partage un goût certain pour l’autocratie. Et pour lequel il a, rappelons-le, créé un prix de la paix, alors qu’il est responsable d’une profonde crise au Moyen-Orient, renforçant au passage le régime sanguinaire des mollahs en Iran.Dans l’idée que le temps de cerveau disponible des consommateurs est une denrée précieuse, le Mondial 2026 a inventé les pauses pub, dites officiellement «pauses hydratation», qui cassent le rythme des matches et sont destinées non pas au bien-être des joueurs, mais à celui des annonceurs. Et cette fin de semaine, on apprenait que la finale du 19 juillet, qui se tiendra à New York dans le stade des Jets et des Giants, deux franchises de football américain, comportera un halftime show.
Un concert plus commercial que philanthropique
Sur le modèle du Super Bowl, la finale du championnat de NFL (National Football League), la mi-temps du match sera consacrée à un grand concert qui réunira, sous la direction artistique de Chris Martin (Coldplay), Madonna, Shakira, Burna Boy, Justin Bieber et BTS. A savoir des stars venues de tous les continents… à l’exception de l’Europe! Ce spectacle hors norme est destiné à soutenir le Fonds FIFA-Global Citizen, une initiative qui vise à permettre à des enfants défavorisés d’avoir accès à l’éducation, et au football. Mais la FIFA, assise sur une fortune, n’aurait pas besoin de cela pour faire de la philanthropie.
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Dans un pays qui se fout globalement – mais de moins en moins – du foot qui se joue avec les pieds, ce concert XXL ressemble plus à une opération commerciale visant à accroître sa visibilité et ses revenus qu’à une démarche humanitaire. Et il s’inscrit dans cette dérive du «toujours plus»: plus d’équipes, plus de matches, plus de pays hôtes, plus de bénéfices avec des billets plus chers… A l’heure où les manifestations culturelles subissent de plein fouet les conséquences des dérèglements climatiques, de la hausse des coûts généraux et des cachets, voir la FIFA se muer en promoteur de spectacles est déplaisant. Le sport ne pourrait-il pas se suffire à lui-même? Ou alors à quand un show de beach-volley à Paléo entre deux concerts?
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