OPINION. Le Sommet international de l’IA organisé à Genève doit démontrer qu’en dépit des fractures géopolitiques, une coordination internationale demeure possible. Les enjeux mondiaux sont immenses. La crédibilité de Genève et des bons offices suisses est également en jeu, écrit Yaniv Benhamou, professeur et directeur du Digital Law CenterL’intelligence artificielle (IA) n’est pas une innovation sectorielle de plus. Ses effets sur l’emploi, la création, l’information et la sécurité ont été abondamment commentés; ceux sur les relations entre Etats le sont beaucoup moins. L’IA est devenue un enjeu de rivalité internationale, comme le furent l’atome et la conquête spatiale. Elle concentre un pouvoir considérable entre les mains des Etats et des entreprises qui contrôlent les données, les infrastructures de calcul et les modèles. Elle creuse la fracture entre les pays et pose une question fondamentale de souveraineté: qui contrôlera demain nos données, nos connaissances et nos capacités de décision?Ces transformations sont mondiales. Pourtant, la régulation reste largement nationale ou régionale, et la coordination internationale demeure embryonnaire, au moment même où le multilatéralisme est fragilisé. La rivalité entre puissances progresse plus vite que leur capacité à élaborer des règles communes.Voir plus
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