Série: «The Shards», la jeunesse de Beverly Hills et le tueur en série
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Série: «The Shards», la jeunesse de Beverly Hills et le tueur en série

Publié le 09 August 2026 à 15:25
Auteur : Le Temps

Disney+ propose cette adaptation d’un roman de Brett Easton Ellis, auteur d’«American Psycho». Une autofiction dans laquelle des lycéens des années 1980 sont la cible d’un meurtrier, mais qui veut plutôt dépeindre l’errance d’une jeunesse privilégiée – sans grand succès«Les jeunes d’aujourd’hui ont la belle vie. Notre génération a dû se farcir les tueurs en série.» A Beverly Hills, les années 1980 viennent tout juste de commencer et le jeune Bret Easton voit son monde vaciller. Entre les sorties au haras et l’organisation de la prochaine soirée coke-champagne, une ombre plane: la disparition de plusieurs camarades et des mises en scène macabres, qui coïncident avec l’arrivée d’un nouvel élève, le mystérieux Robert Mallory. Mais personne, à part Bret, ne le soupçonne d’être un meurtrier psychopathe…The Shards, nouvelle série Disney+, est un objet plus étrange qu’il n’y paraît. Elle est tirée du roman du même nom, signé… par le «vrai» Bret Easton Ellis. L’auteur, entre autres, d’American Psycho, l’histoire de ce golden boy de Wall Street rongé par la violence, qu’incarnait Jason Bateman au cinéma en 2000. Inlassable chroniqueur d’une élite privilégiée et désabusée, Bret Easton Ellis publiait The Shards en 2023: une autofiction sur ses dernières années de lycée, alors qu’il était aspirant écrivain, aux prises avec son homosexualité, et le passage à l’âge adulte. Un récit entre mélancolie et angoisse lancinante.

Jeunesse égarée
Cocréée par Ellis et Ryan Murphy, qui continue à fabriquer des séries à un rythme industriel, la série plonge tête la première dans son époque, des eighties lustrées et indolentes que commente incessamment Bret le fringant (Igby Rigney). Un narrateur narcissique et monotone, comme le veut le livre, détaillant ses états d’âme comme la marque des vêtements de ses amis – sa copine Debbie, en mal d’attention entre un père producteur volage et une mère dépressive, mais aussi la magnifique Susan et son petit ami Thom, couple de rêve qui commence à battre de l’aile.
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The Shards est finalement peu intéressée par la tragédie meurtrière – d’ailleurs, tout le monde s’en fiche, si ce n’est Bret, qui se rêve en Joan Didion, cette journaliste qui a enquêté sur les meurtres des Manson – et préfère celle, plus insaisissable, d’une jeunesse égarée. Perdue dans de grandes maisons désertées par les adultes, noyant sa recherche de sens, et d’elle-même, dans des distractions futiles – un concours de danse, l’élection de la reine du bal.Alors on oscille. Entre le slasher (une voix rauque respire au bout du fil) et un genre d’Euphoria version rétro. Et si elle installe une atmosphère forte, avec sa bande-son d’époque, la série s’éparpille, aligne les récits secondaires sans les approfondir (une secte, l’industrie du porno), au point qu’on ne discerne plus les enjeux. Voire, qu’on s’ennuie. «C’était une de nos dernières soirées sans peur au ventre», lâche Bret au début de The Shards, comme un mauvais présage. On ne ressentira rien de cette angoisse, comme diluée dans l’une des immenses piscines de Beverly Hills.

The Shards. Une série de Ryan Murphy et Bret Easton Ellis (Etats-Unis, 2026). Neuf épisodes de 50’, deux déjà disponibles sur Disney+.

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