A la mi-juin 1940, alors que la tension est à son paroxysme à la frontière suisse, une division ad hoc nommée «Gempen» est créée par le général Guisan. Son but: faire la soudure avec l’armée française en cas d’invasion allemande. Mais n’est-il pas trop tard, la défaite de la France étant déjà actée plus au nord?Dans la nuit du 11 au 12 juin 1940, l’alerte sonne dans la région de Bâle. Les troupes allemandes, concentrées dans la Forêt-Noire depuis quelques jours, vont-elles traverser le Rhin? Les soldats suisses regroupés au sein de la Division Gempen, créée le jour même et placée sous les ordres du colonel Du Pasquier, sont déployés à la frontière nord pour occuper les secteurs de guerre. Ils sont environ 20 000. Cette nuit-là, «il fait un temps épouvantable, la pluie tombe à torrents. Mouillés, transis, les hommes guettent», écrira plus tard le capitaine Maurice Koller, du bataillon 234, en première ligne. «Ce sera notre Verdun», murmure-t-on au sein de la troupe.«A tous les niveaux, la volonté de faire vigoureusement face à l’ennemi s’affiche dans les nombreuses fortifications de campagne», relate l’historien militaire Hans Senn dans Bâle et le plateau de Gempen (1997), l’étude la plus complète sur cet épisode quelque peu oublié, qui fut sans doute le moment de principale tension militaire de toute la Deuxième Guerre mondiale en Suisse. «Les soldats étaient prêts à sacrifier leur vie. Cependant, s’ils avaient survécu à la préparation du feu, auraient-ils su comment affronter des chars et des troupes de choc?»Voir plus
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