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Retour du vinyle, boom des aspirateurs laveurs, crise du livre... Le patron de Fnac Darty analyse la consommation des Européens
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Retour du vinyle, boom des aspirateurs laveurs, crise du livre... Le patron de Fnac Darty analyse la consommation des Européens

Publié le 15 September 2026 à 17:48
Auteur : Sébastien Le Fol, Béatrice Mathieu

L’OPA de EP group, du Tchèque Daniel Kretinsky, sur Fnac Darty, franchit une étape importante avec la notification du projet à la Commission européenne. Enrique Martinez attend sereinement l’issue de cette procédure d’ici la fin de l’année. Cet Espagnol, qui a commencé par diriger la Fnac Lisbonne, occupe un bon poste d’observation sur la consommation des Européens. A quelques jours de la remise du 25e prix du roman Fnac, il rappelle l’engagement de son enseigne pour la défense du livre. Le seul antidote à la baisse dramatique du niveau des élèves pointé par le dernier classement Pisa.L'Express : Comment votre groupe a-t-il traversé cet été caniculaire ? Enrique Martinez : Dès le mois de mai, après avoir écoulé toutes nos réserves de ventilateurs de l’an dernier, nos équipes sont allées chercher des produits partout en Europe, sans forcément parier qu’il y aurait autant d’autres épisodes de chaleur extrême. Nous avons finalement connu au moins trois canicules consécutives, et les ventes de ventilateurs et de climatiseurs n’ont jamais atteint de tels niveaux. Cela révèle un vrai sujet de santé publique — qualité du logement, isolation —, avec des conséquences pour les hôpitaux et les écoles. Cela nous a poussés à accélérer la mise en place d’un projet stratégique : nous allons proposer l’installation de climatisation fixe dans les appartements. Plusieurs magasins pilotes sont opérationnels dans le sud de la France depuis mi-juillet, et nous visons une centaine de lieux de vente d’ici la prochaine saison, en mars. C’est le socle de notre projet "Darty Energy", consacré à l’efficience énergétique du foyer.En dehors de la climatisation, quelles tendances de consommation observez-vous à l’échelle européenne ?Sur la technologie, il y a une vraie convergence des comportements, avec parfois un décalage dans le temps : les pays anglo-saxons et nordiques adoptent plus vite les nouveautés, les pays latins ont besoin d’être davantage rassurés. Mais dans le domaine de la culture, il n’existe pas de consommateur européen type — chaque marché est très local. Le cinéma et la musique restent des phénomènes nationaux ; seul le jeu vidéo est réellement mondialisé. Un mouvement fait pourtant exception : le retour du vinyle, qui représente aujourd’hui plus de la moitié des ventes de supports musicaux, porté à la fois par une génération qui a connu l’objet et par des plus jeunes en quête d’un lien physique que le tout numérique a fait disparaître. D’ailleurs on observe aussi l’émergence d’une demande surprenante pour les baladeurs MP3, portée par des parents en quête d’une alternative au smartphone pour leurs enfants.Airfryers, ventilateurs, vinyles... Les produits phares de l'annéeLa robotique domestique progresse aussi très vite. Comment jugez-vous la concurrence chinoise sur ce terrain ?La Chine est devenue dominante dans ce secteur. Cela fait plus de quinze ans que les industriels chinois investissent massivement dans le pilotage, l’autonomie, les caméras, les fonctionnalités de géolocalisation des robots — une avance considérable, notamment sur les aspirateurs laveurs, un segment où la France, longtemps en retard, monte aujourd’hui en puissance. Nous restons vigilants vis-à-vis de plateformes comme Temu : sur l’essentiel de l’électroménager, elles n’ont pas l’offre ou l’infrastructure logistique pour nous concurrencer frontalement, mais sur les petits appareils, une partie importante des produits qui y transitent ne sont pas conformes aux normes européennes.Vous revendiquez cinquante millions de livres vendus en 2025. Ce statut vous donne-t-il une responsabilité ?Dans l’histoire de la Fnac, il y a toujours eu l’indépendance et des grands combats qui ont défini l’entreprise : historiquement, c’était la liberté d’expression, la liberté de la presse. Aujourd’hui, c’est le combat pour la lecture, notamment pour des jeunes générations. Nous vendons chaque année cinquante millions de livres en France, soit un peu plus de quinze pour cent du marché : cela nous donne une responsabilité. Le "Pass Culture", que nous avons soutenu dès son lancement, a changé la vie de milliers de jeunes en leur donnant, souvent pour la première fois, les moyens de s’acheter des livres. Depuis deux ans, les restrictions budgétaires notamment l’ont amputé de trente à cinquante pour cent par an. Il faut assurer la pérennité du dispositif en repensant son financement avec les acteurs privés ; nous sommes bien sûr disponibles pour échanger avec les responsables politiques et l’ensemble des parties prenantes sur ce sujet.Le dernier classement PISA fait apparaître un nouveau décrochage dans la compréhension des textes, notamment en France. Que pouvez-vous faire à votre niveau pour enrayer ce déclin ?Nous sommes l’un des acteurs les plus actifs pour valoriser la lecture et les livres, nous organisons des milliers d’événements chaque année dans nos magasins, des dédicaces aux "reading parties". Nous travaillons avec les éditeurs pour proposer une offre adaptée

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