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"Si quelque chose de grave devait arriver..." : l’intégralité du discours de Donald Tusk face aux nouvelles menaces russes
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"Si quelque chose de grave devait arriver..." : l’intégralité du discours de Donald Tusk face aux nouvelles menaces russes

Publié le 21 September 2026 à 15:43
Auteur : Adam Hsakou

L'ambiance était solennelle, le 17 septembre, à la Diète, le parlement polonais. Le Premier ministre Donald Tusk a informé la représentation nationale des informations émanant des services de renseignements sur les possibles attaques que pourrait lancer Vladimir Poutine dans les prochaines semaines sur les pays de l'Otan, à commencer par la Pologne. Cet automne, la guerre de la Russie en Ukraine devrait s'intensifier, a-t-il prévenu. "Les Russes introduisent à grande échelle un nouveau type de drones à réaction, qui se déplacent à une vitesse incomparablement plus élevée et opèrent à haute altitude avant de piquer et de frapper leur cible". Poutine devrait se servir de ces armes ailleurs qu'en Ukraine. Sa cible : l'opinion dans les pays de l'Otan. "L'objectif russe, poursuit-il, est de prouver que l'article 5 est plus théorique que pratique. C'est-à-dire que personne ne voudra mourir pour la Pologne, la Lettonie ou la Lituanie." Sans les nommer, le Premier ministre polonais a visé les "forces politiques qui gagnent actuellement en force et en influence dans les Etats européens", et qui font le jeu de Poutine. L'Express a souhaité donner un écho européen à ce discours car il permet de comprendre les préoccupations des Polonais, de saisir leur état d'esprit et surtout, de mesurer le niveau de menace que Poutine fait planer sur l'Europe. Cette traduction a été réalisée par notre correspondant à Varsovie, Adam Hsakou, à partir du compte rendu sténographique.Le discours en intégralité :"Monsieur le Maréchal ! (NDLR. Marszałek Sejmu, président de la Diète). Mesdames et Messieurs les députés ! En raison des événements survenus à proximité de notre frontière, ainsi que des informations que nous recevons depuis une bonne quinzaine de jours déjà de la part de nos alliés — je parle des alliés de l'Otan — ainsi que de nos partenaires ukrainiens, et je parle bien sûr aussi de nos propres sources…On le sait, la situation, et en particulier les dernières attaques à proximité de la frontière polonaise, inquiète les citoyens. Les sirènes retentissent de plus en plus souvent, là-bas, près de la frontière orientale. Elles sont liées à une menace réelle, car des attaques avec des drones, des missiles balistiques et d'autres types de projectiles sont actuellement menées à une fréquence sans précédent. Cette nuit, puis ce début d'après-midi, l'ouest de l'Ukraine, près de notre frontière, a de nouveau été la cible d'une telle attaque. Cela suscite évidemment de l'inquiétude et exige, bien entendu dans un esprit de responsabilité, une information aussi précise que possible sur l'évolution prévisible des événements, car les citoyennes et les citoyens ont absolument le droit de savoir à quel scénario on peut s'attendre sur la base des données disponibles aujourd'hui. Je précise d'emblée — et ce n'est pas seulement ma réserve, mais aussi celle de nos partenaires, les Etats-Unis, l'Otan et l'Ukraine — que le scénario qui paraît le plus probable, et dont je vais parler dans un instant, n'est pas le seul scénario possible. Nous le savons bien, et les dernières années l'ont confirmé de manière particulièrement intense : planifier à long terme est, par les temps qui courent, très risqué, et l'imprévisibilité est devenue une caractéristique essentielle de la politique d'aujourd'hui. C'est pourquoi je me permets de souligner encore une fois que je souhaite présenter à l'opinion publique ainsi qu'à vous, Mesdames et Messieurs les députés, le scénario le plus probable pour les prochains mois, parce que c'est un scénario qui suppose des événements graves et qui exige de nous de la concentration, du sérieux et surtout une disposition mentale à passer des épreuves difficiles. Car de telles épreuves nous attendent assurément, nous qui siégeons ici, mais aussi tous les Polonais.Quel scénario paraît aujourd'hui le plus probable ? Je parle, comme je l'ai dit, des prochains mois, c'est-à-dire, disons, jusqu'au début du printemps, car selon toutes les sources, c'est précisément la fin de l'automne et l'hiver qui seront la période la plus critique de la guerre russo-ukrainienne jusqu'à présent. Un changement est intervenu, malheureusement de nature très négative. Les Russes introduisent à grande échelle un nouveau type de drones, des drones à réaction, qui se déplacent à une vitesse incomparablement plus élevée et opèrent à haute altitude avant de piquer et de frapper leur cible. Inutile de le cacher, cela ne concerne pas seulement l'Ukraine, car de manière générale, rares sont ceux qui sont aujourd'hui préparés à contrer efficacement ce type de drones.C'est aussi un travail qui nous revient. Comme vous le savez, je pars aujourd'hui en Ukraine et je parlerai notamment avec le président Zelensky de la manière dont nous pouvons coopérer dans le cadre de la coalition antibalistique et tirer parti des savoir-faire, des possibilités et des capacités de l'Ukraine comme d'autres Etats dans ce domaine également. C'est aujourd'hui particulièrement urgent, compt

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