Dans «Charles-Albert Cingria au présent», le chercheur Alessio Christen éclaire de manière originale l’œuvre de l’auteur érudit et pétulant, analysant ses rapports avec ses contemporainsLa prose de Cingria fascine par sa saisie des détails anodins, des passants, des rues, des chats, entre les milliers de choses qu’il a croqués dans ses carnets, saisie toujours sous-tendue par une vision globale de l’histoire humaine. Né et mort à Genève, Charles-Albert Cingria (1883-1954) s’est installé à Paris dès 1910, et n’a cessé de nourrir des liens avec la Suisse romande et d’y publier. Ses textes épars ont été réunis dans des Œuvres complètes et critiques, à L’Age d’Homme, entreprise imposante, en six volumes et quelque 7200 pages. Certains ont été récemment repris en poche (dans la collection des Florides helvètes et chez Allia), permettant une lecture plus légère et buissonnière, au bord des chemins, dans les trains ou les cafés, lieux chers à l’auteur.L’essai Charles-Albert Cingria au présent. Aux origines de la chronique moderne éclaire l’œuvre et son contexte de production de manière inédite. On avait jusque-là l’image d’un dandy un peu vagabond, marginal, bavard et gourmand, ciselant son œuvre à l’écart. Cette dernière constituerait un hapax, une comète surgie de nulle part. Au contraire, les textes de Cingria dialoguent avec ceux de ses contemporains, comme les surréalistes, qu’il ne portait pas dans son cœur. Le chercheur Alessio Christen revient sur le contexte dans lequel s’est élaborée cette prose unique, à cheval entre l’essai, le récit et le poème.Voir plus
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