
On ne présente plus Martina Navratilova, aujourd'hui âgée de 69 ans, sauf pour rappeler son incroyable palmarès : 58 victoires en double et en simple dans des tournois du Grand Chelem dont neuf à Wimbledon, quatre à l'US Open, trois à l'Open d'Australie et deux à Roland-Garros. Au début des années 1980, elle a révélé son homosexualité, ce qui fait d'elle une pionnière du combat pour l'égalité des droits. Elle est aussi la cofondatrice, avec d'autres athlètes féminines de l'association Women's Sports Policy Working Group qui défend les droits des filles et des femmes dans le sport. L'Express : La basketteuse Sophie Cunningham a-t-elle eu raison de relancer le débat sur les transgenres dans le sport féminin ?Martina Navratilova : Si une athlète accomplie comme elle n'est pas légitime pour le faire, dites-moi qui l'est ? Il faut en finir avec la présence de corps masculins dans le sport féminin. Il faut résoudre ce problème à l'échelle nationale. La WNBA devrait prendre des mesures préventives avant que le cas ne se présente dans le basket professionnel mais elle ne bouge pas. Aux Etats-Unis, les différentes associations et fédérations sportives ont des règles différentes qui varient selon les Etats. C'est ingérable. Car le sport de compétition repose sur le respect d'un ensemble de principes et règles communes à tout le monde. Au tennis, par exemple, il n'y a qu'une seule façon, universelle, de compter les points. Et il n'existe que deux catégories, masculin et féminin, définies par le sexe.Il s'agit d'hommes qui veulent dominer les femmesMartina NavratilovaEt voici qu'un groupe de militants prétend modifier les critères au nom d'une prétendue injustice. C'est catastrophique parce qu’inclure des corps masculins dans le sport féminin revient à en exclure les femmes. Ce n'est pas un hasard si, au volleyball féminin, les filets sont moins hauts qu'au volleyball masculin ou si le ballon de basketball féminin est plus petit que celui des hommes. Il existe entre les deux sexes des différences physiques irréductibles. Un exemple : rien qu'en 2017, on a calculé que 15 000 athlètes masculins avaient effectué un meilleur temps à l'épreuve d'athlétisme des 100 mètres que la championne olympique de sprint Tori Bowie. Le seul sport où la différence de sexe n'entre pas en ligne de compte est l'équitation. Que se passerait-il si les personnes transgenres participaient au circuit de tennis féminin ?N'importe quel champion retraité anciennement classé dans le Top 30 et qui déciderait, à 50 ans, de s'autodéfinir comme une femme, deviendrait immédiatement numéro 1 mondial. Aussi bonne joueuse que j'ai pu être, je n'aurais jamais pu rivaliser avec un type de 15 centimètres plus grand que moi, avec une envergure supérieure de 20 centimètres, sans parler de la puissance masculine, biologiquement supérieure à celle des femmes. Aucun traitement hormonal ne peut éliminer l'avantage de la taille ni faire disparaître les fibres musculaires à contraction rapide présentes dans le corps masculin. Et je ne parle même pas de la structure osseuse, de la capacité pulmonaire ou de la taille de la trachée qui est environ 50 % plus grande chez les hommes. Rien de tout cela ne peut être supprimé par des hormones. L'idée qu'on puisse égaliser le terrain de jeu d'une façon ou d'une autre est tout simplement fausse. Croyez-moi, notre association Women's Sports Policy Working Group a étudié la question dans tous les sens.L'Américaine Martina Navratilova durant un match d'exhibition au tournoi de New Haven dans le Connecticut, le 21 août 2017Les "ultras" du mouvement transgenre œuvrent-ils contre le mouvement féministe ?C'est clair. Je qualifie leur action de "combat ultime du patriarcat". Une fois encore, il s'agit d'hommes qui veulent dominer les femmes avec, cette fois, un discours progressiste pour envelopper tout ça. Sous ces habits neufs, leur mouvement est régressif, patriarcal et misogyne. Ils militent pour l'inclusion de mâles dans les espaces féminins. Notez que ce ne sont jamais des femmes qui cherchent à entrer dans les vestiaires masculins, que ce soit dans le mannequinat ou le sport. Le problème est à sens unique : du masculin vers le féminin.Je ne supporte pas les politiques de Donald TrumpMartina NavratilovaDire cela me vaut d'être accusée de "transphobie" et de "nazisme". Je ne suis pas anti-trans! Je suis simplement pour les femmes. Je suis aussi traitée de raciste (car, dans le sport, le transgenrisme concerne beaucoup de personnes noires), ce qui est ridicule. En dernier ressort, on me soupçonne de voter républicain, ce qui est également aberrant. Je ne supporte pas les politiques de Donald Trump, cet agresseur sexuel qui détruit notre pays en entraînant le monde dans sa chute. Au reste, il n'est pas pro-femmes, il est anti-trans. Moi, je n'ai rien contre les personnes transsexuelles, qui doivent bénéficier des mêmes droits civils que tout le monde. Mais cela n'inclut pas l'accès aux espaces réservés aux femmes. C'est une question
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