L’UTMB entre instinct et data, le trail en pleine évolution
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L’UTMB entre instinct et data, le trail en pleine évolution

Publié le 27 August 2026 à 08:49
Auteur : Le Temps avec l’AFP

De plus en plus de coureurs de trails misent sur l’analyse physiologique et les algorithmes pour optimiser leurs performances. Une approche qui divise les athlètes, entre adeptes du ressenti et partisans de la technologie«Gagner l’UTMB sans ça, c’est impossible!» Mise en avant l’an dernier avec les victoires sur la prestigieuse épreuve chamoniarde de Tom Evans et de Ruth Croft, l’arrivée récente de la data dans le trail est une petite révolution dans un sport qui reste attaché au «feeling» et à l’expérience des sentiers.Les images de Tom Evans s’entraînant sur un tapis roulant incliné dans son salon en Angleterre avaient beaucoup fait parler en 2025, après le succès du Britannique sur l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), mettant en lumière une pratique encore rare en trail: l’analyse des données physiologiques au centre de la stratégie de course.
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«Il a géré l’UTMB au feeling, assisté par la donnée», résume auprès de l’AFP le traileur français Ludovic Pommeret, qui fait l’impasse cette année sur la course reine qui s’élance vendredi de Chamonix.Evans, comme Ruth Croft, victorieuse chez les femmes, ont préparé leur victoire sur la plus grande course de trail du monde (174 kilomètres, 10 000 mètres de dénivelé positif) en se faisant accompagner par Joseph Mestrallet, spécialiste de la data qui a créé une entreprise d’analyse des données des traileurs.
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«Mon travail m’a amené à modéliser le potentiel physiologique de ces athlètes […], à suivre leur entraînement, à optimiser leur rythme de course, à le tester sur le terrain», expliquait Mestrallet après la double victoire de ses athlètes.«C’est un peu un geek. Il récupère toutes les données de mes courses pour alimenter ses algorithmes et il calcule ensuite mes temps de passage en course», a décrit la Néo-Zélandaise Ruth Croft, forfait cette année, dans un récent documentaire diffusé sur France TV.
«Se piquer les lactates»
A l’image de Croft et Evans, les traileurs sont de plus en plus nombreux à intégrer la data dans leur entraînement, la technologie étant vue comme un outil supplémentaire pour progresser dans une discipline de plus en plus professionnelle.«Ces dernières années, les techniques d’entraînement ont énormément évolué et se rapprochent de ce qui se fait dans des sports déjà professionnels comme le cyclisme ou le triathlon», souligne auprès de l’AFP le Français Théo Detienne, qui a décidé lui aussi de se faire accompagner par le «Monsieur Data» du trail.«Je n’aime pas trop en parler parce que je veux plutôt transmettre aux gens la passion de la montagne et le plaisir d’être dehors, pas forcément le fait d’aller me piquer les lactates après l’entraînement», sourit-il en référence à cette pratique désormais courante dans les sports d’endurance, qui consiste à se «piquer» quelques gouttes de sang à l’entraînement pour mesurer le taux de lactates et ainsi évaluer l’intensité de l’effort fourni. «Mais gagner l’UTMB sans ça, maintenant, c’est impossible!», estime Théo Detienne.
«Trouver un équilibre»
Difficile d’imaginer aujourd’hui un vieux briscard de la montagne s’imposer en se fiant simplement à son expérience des sentiers et à son instinct de compétiteur, à l’instar de l’Italien Marco Olmo, vainqueur deux fois de l’UTMB en 2006 et 2007, à près de 60 ans.L’arrivée de la data illustre ainsi une division entre deux «écoles»: celle de traileurs «montagnards» un peu plus âgés et expérimentés, et celle d’athlètes plus jeunes, plus professionnels et tournés vers les nouvelles technologies.«Moi je fonctionne beaucoup au feeling. Sur la Hardrock, je n’ai pas du tout utilisé les données: j’avais prévu d’emporter mon cardio et un capteur de température corporelle, je les ai oubliés avant le départ. Et ça ne m’a pas empêché de courir», sourit Ludovic Pommeret, vainqueur en juillet, à 50 ans, du prestigieux ultra dans le Colorado.«Il faut trouver un équilibre», estime le Français Vincent Bouillard, vainqueur de l’UTMB en 2024. «J’utilise les données à l’entraînement et même pendant les courses, mais le ressenti reste le capteur le plus puissant qu’on ait et qu’on aura toujours.»«Il ne faut pas être obsédé par les données», abonde l’Italien Francesco Puppi, parmi les favoris pour l’OCC, la course de 50 kilomètres, jeudi à Chamonix. «Il y a un aspect émotionnel et spirituel avec la course à pied que la science et la technologie ne saisiront jamais entièrement, il faut aussi faire confiance à ses sensations», conclut-il.

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