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L’Union européenne lance une vaste offensive pour protéger les enfants sur les réseaux sociaux. Mais en faisant porter un poids énorme aux parents
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L’Union européenne lance une vaste offensive pour protéger les enfants sur les réseaux sociaux. Mais en faisant porter un poids énorme aux parents

Publié le 17 September 2026 à 18:23
Auteur : Anouch Seydtaghia

Le «KIDS Act» présenté jeudi par Bruxelles mise sur une régulation graduelle dès 13 ans. Les parents deviennent administrateurs des comptes de leurs adolescents, tandis que le défilement infini et les notifications intempestives sont bannisIl y eut l’Australie, la Californie, le Royaume-Uni, l’Indonésie ou encore la France. Un peu partout sur la planète, des mesures pour protéger les jeunes des réseaux sociaux sont mises en œuvre ou discutées. Depuis ce jeudi, un nouvel acteur de poids a dévoilé son plan pour réguler ces plateformes numériques: l’Union européenne (UE). Bruxelles a présenté une régulation graduelle, destinée aux jeunes dès 13 ans. Les mesures imposent aussi des changements de pratiques à TikTok, YouTube ou Instagram, mais donnent également davantage de responsabilités aux parents.L’un des points majeurs de ce KIDS Act, comme l’appelle la Commission européenne, c’est qu’il n’y a pas de bannissement général selon l’âge, comme le fait l’Australie pour les moins de 16 ans, ou veut le faire la France pour les moins de 15 ans. A la place, l’UE veut introduire des règles graduelles.
Outils de contrôle parental
Dans le détail, les moins de 13 ans n’auraient pas le droit de créer des comptes en ligne sur des «réseaux sociaux et services vidéo présentant certaines caractéristiques à risque». Leur liste n’a pas été précisée jeudi. Pour les enfants de 13 à 15 ans, l’UE propose qu’un tuteur puisse créer un compte limité pour le jeune, et en garder le contrôle. Des outils de contrôle parental seraient ainsi toujours activés, avec notamment une limite de temps quotidienne d’une heure maximum et l’approbation parentale des contacts. A noter que la toute nouvelle version 27 du système iOS d’Apple propose des fonctions comparables.Dès l’âge de 15 ans, les jeunes peuvent faire a priori ce qu’ils veulent sur TikTok, Snapchat ou YouTube. Mais Bruxelles veut imposer aux plateformes, sur le papier, un changement radical dans le fonctionnement de leurs services. Ainsi, elles n’auront plus le droit de «concevoir des services incitant à une utilisation compulsive ou excessive par les mineurs». Il sera interdit à ces plateformes de proposer aux mineurs la lecture automatique en continu, avec défilement infini sans véritables interruptions. Seront également bannies les notifications «destinées à détourner le jeune de ses activités, sans lien avec quoi que ce soit que l’enfant ait fait». Les récompenses pour la publication ou la diffusion en direct auprès d’un large public seront aussi interdites, tout comme les fonctions qui pénalisent un utilisateur qui ne revient pas tous les jours.
Lire aussi: L’Europe fonce avec son application de vérification de l’âge pour les enfants. Mais en face, des experts alertent sur les énormes risques cachés

Sur tous les fronts
Ce n’est pas tout: Bruxelles veut que toutes ces plateformes prévoient «des limites de temps et des pauses d’utilisation efficaces, conçues pour protéger le sommeil et le temps scolaire des enfants». On ne sait pas encore si ces mesures, une fois en vigueur, toucheront la Suisse.Avec ces mesures, l’UE veut attaquer le problème sur tous les fronts à la fois: en fixant des limites selon l’âge des enfants, en donnant davantage de pouvoir aux parents et aussi, et surtout, en obligeant les plateformes à changer leur fonctionnement envers les mineurs. «Nous donnons aux parents les outils nécessaires pour accompagner leurs enfants dans un monde numérique sûr. Tout cela en maintenant la pression sur les plateformes, car elles doivent prouver que leurs services ne nuisent pas», a affirmé Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission, chargée de la Souveraineté technologique, de la Sécurité et de la Démocratie.
Comment vérifier l’âge?
Bruxelles vise très large. Mais le plus dur reste à faire. D’abord, il faudra désigner précisément quelles plateformes et quels réseaux sociaux devront obéir à quelles obligations, prélude à d’âpres batailles. Ensuite, le Parlement européen et les 27 Etats membres devront ratifier ce texte, opération qui pourrait prendre plusieurs mois à plusieurs années, avec la possibilité de modifier sensiblement le texte. Sans parler de batailles juridiques possibles.En parallèle, l’UE devra aussi trouver des moyens efficaces de vérifier l’âge des utilisateurs. Bruxelles développe actuellement une application pour ce faire, app qui doit protéger l’anonymat des utilisateurs. La Commission veut aussi permettre l’utilisation d’autres technologies offrant des garanties équivalentes. Permettra-t-elle, comme l’Australie, à TikTok, Instagram ou X de choisir eux-mêmes comment détecter l’âge de leurs utilisateurs? Ce n’est pas encore défini. Rappelons que sur l’île continent, la vérification de l’âge n’est ni fiable, ni correctement mise en œuvre, selon plusieurs études.Il faut aussi parler de la charge qui incombera aux parents ou tuteurs. Pour un adolescent de 13 ou 14 ans, les parents deviennent en quelque sorte les ad

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