[pfp_nav_auth]
L’heure de vérité des Nations unies
LE TEMPS Politique international
Article complet

L’heure de vérité des Nations unies

Publié le 18 September 2026 à 16:43
Auteur : Stéphane Bussard

EDITORIAL. La semaine prochaine, chefs d’Etat et de gouvernement se retrouvent à New York pour la 81e Assemblée générale de l’ONU. Or l’organisation multilatérale traverse une grave crise et doit s’interroger sur la manière de retrouver sa pertinence politique sur la scène internationaleIl fut un temps où le rendez-vous annuel de l’Assemblée générale des Nations unies était perçu comme un hymne au multilatéralisme. Aujourd’hui, l’ONU est en crise et doit retrouver une pertinence politique. A New York la semaine prochaine, plusieurs chefs d’Etat manqueront pourtant à l’appel dont très probablement Xi Jinping, mais aussi Vladimir Poutine, Narendra Modi et Friedrich Merz. Symbole de la perte de centralité de l’ONU: le président chinois rencontrera dans la même semaine son homologue américain… à la Maison-Blanche.
Lire aussi: Daniel Forti: «Le futur secrétaire général devra ménager les grandes puissances tout en restaurant l’autorité morale de l’organisation»
A partir du mardi 22 septembre, les dirigeants du monde qui daignent se rendre à l’ONU à New York pour la 81e Assemblée générale se confondront moins en éloges, mais davantage en crainte. Crainte de voir les Nations unies, créées en 1945 sur les cendres de la Société des Nations, tomber si ce n’est dans l’insignifiance, du moins dans la marginalisation en tant qu’acteur international. C’est particulièrement manifeste dans la guerre d’agression que mène la Russie contre l’Ukraine et celle déclenchée par les Etats-Unis contre l’Iran. Les Nations unies n’y jouent aucun rôle. C’est d’ailleurs dans le domaine de la paix et de la sécurité, l’un des trois piliers de l’organisation, qu’elles ont le plus clairement échoué.Si l’utilité de l’ONU ne se pose pas quand on pense aux millions de personnes auxquelles elle vient en aide à travers le Programme alimentaire mondial (PAM) ou le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), l’enceinte multilatérale, qui n’est que la résultante de la volonté des 193 Etats membres qui la composent, est à un tournant de son existence. Elle n’est pas condamnée à disparaître. Car malgré les coups de boutoir de Donald Trump contre les Nations unies, et même si l’administration américaine s’est retirée de 31 entités onusiennes, elle a versé récemment 4 milliards de dollars pour le PAM et OCHA. Washington estime qu’il peut encore défendre certains de ses intérêts à travers l’ONU.
Lire également: Rafael Grossi, candidat au poste de secrétaire général des Nations unies: «Les Etats membres ne sont pas prêts à financer indéfiniment la prolifération institutionnelle qui a eu cours au sein de l’ONU»
L’espoir est de voir une nouvelle dynamique avec un nouveau secrétaire général ou une nouvelle secrétaire générale de l’ONU, poste pour lequel huit candidats sont en lice. Dans une période de «crise permanente», le futur patron de l’ONU devra être courageux pour tenir tête aux grandes puissances qui veulent utiliser l’organisation à leur guise. Il ou elle devra avoir la fibre réformatrice. L’institution multilatérale a besoin de profonds changements pour la rendre plus à même de répondre aux gigantesques défis d’aujourd’hui et de demain. Le processus de réforme ONU 80 est bien en cours, mais il bute sur nombre de résistances.L’autre espoir, ce sont les puissances moyennes et petites – chères au premier ministre canadien, Mark Carney – qui tiennent mordicus à l’ONU et au maintien d’un ordre international basé sur des normes. Pour éviter le pire, c’est à ces dernières qu’il incombe de provoquer un sursaut. Pour que l’ONU puisse toujours défendre le bien commun mondial.

Ce sujet parle de : crisepoutinemodiguerrerussiesécuritétrumpréforme
← Retour aux sujets

Points de vue opposés



Chargement des points de vue opposés...

Autres articles récents chez Le Temps