CHRONIQUE. La difficulté croissante de revendre leurs investissements pousse les gérants à transférer des actifs déjà placés dans des fonds de continuation vers de nouveaux véhicules. Une pratique qui interroge la pertinence des stratégies de sortieLes «fonds de continuation au carré» se multiplient dans le capital-investissement. On connaissait les fonds de continuation, qui accueillent des actifs que les gérants ne parviennent pas à vendre ou introduire en bourse. Ce mécanisme pratiqué de longue date permet de donner davantage de temps à une entreprise en portefeuille pour croître encore et prendre de la valeur, plutôt que forcer une vente ou une forme de sortie, à des conditions défavorables. Cette tendance est alimentée par une difficulté croissante à trouver des solutions de sortie. Le private equity a maintenant atteint une étape suivante: les fonds de continuation de fonds de continuation, également appelés fonds de continuation au carré, donc.L’an dernier, les fonds de continuation ont levé 75 milliards de dollars, soit 8 fois plus qu’en 2018, selon des données de Preqin, un spécialiste des investissements alternatifs. Sur ces 75 milliards, 14,6 milliards sont allés vers 6 fonds de continuation au carré, soit plus de dix fois plus que sur la période 2018-2024.
Protéger les trophées
En étant positif, on peut avancer que les fonds de continuation permettent de conserver des actifs de grande valeur, des «trophées», que les gérants ne veulent pas brader. Par ailleurs, les performances de ces véhicules ont été supérieures à celles des fonds classiques entre 2018 et 2024.
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Ainsi, 25% des véhicules les plus performants ont dégagé un multiple moyen de 1,8 contre 1,6 pour un fonds comparable traditionnel, selon le média en ligne spécialisé Secondaries Investor. Un multiple de deux signifie qu’un investisseur a doublé sa mise. On peut donc considérer les fonds de continuation et leur déclinaison au carré comme une voie de sortie alternative viable.
Double échec
A l’inverse, on peut tout aussi bien prétendre que leur utilisation relève d’un échec. Il se peut que certains actifs ne soient pas vendus car le marché n’accepte pas le prix de vente ou la valorisation demandée par le gérant. Un test de réalité, comme le résume Preqin. Un test de réalité doublement raté dans le cas de fonds de continuation au carré. Si la multiplication de ces véhicules se poursuit, les investisseurs pourraient commencer à se demander si les gérants prolongent la vie de leurs positions pour les bonnes raisons, si leurs valorisations sont réalistes et si leurs stratégies de sorties tiennent la route.
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