OPINION. «L’Odyssée» de Christopher Nolan raconte une menace que personne ne parvient à nommer. A Kaboul, dans les années 1990, elle portait un nom très précis. Il faut craindre le retour du guerrier, écrit Kamal Ahmadi, analyste de données et diplômé en histoire économique et en socioéconomieEn avril 1992, une guerre s’est achevée à Kaboul, et une guerre a commencé. Les troupes soviétiques étaient parties depuis trois ans, le gouvernement venait de tomber. Et dans la ville entraient ces hommes qui avaient combattu dix ans durant contre une puissance d’occupation. On les a accueillis comme des libérateurs. Quelques jours plus tard, des barrages se dressaient à des carrefours où circulaient encore des voitures. On pillait des maisons dont les occupants n’avaient rien fait à personne. En quelques semaines, Kaboul s’est fracturée en lignes de front qui ne séparaient plus les occupants de la résistance, mais les vainqueurs entre eux.C’est à ces semaines que j’ai pensé en voyant L’Odyssée de Christopher Nolan, le film qui remplit actuellement les cinémas du monde entier et dont on parle surtout parce qu’il a coûté 250 millions de dollars et qu’il fait presque l’unanimité auprès de la critique comme du public. On parle moins du motif qui tient son intrigue de bout en bout et qui, sous cette forme, ne figure pas chez Homère: la peur des gens de la mer.Voir plus
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