CHRONIQUE. Le parlement et le gouvernement se déchirent sur la loi d’urgence agricole. Pour comprendre ce psychodrame, il faut revenir sur le soutien parfois hypocrite aux mouvements de colère des mois passésDans la nuit de lundi à mardi, le «projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles» a finalement été validé par l’Assemblée nationale française malgré les vives oppositions et manifestations de la gauche et d’une grande partie centriste du camp présidentiel, dont les anciens premiers ministres Gabriel Attal et Elisabeth Borne.Au cœur de ce conflit, la réintroduction imposée par le Sénat, qui penche à droite, de l’acétamipride et du flupyradifurone, des pesticides qui sont toujours autorisés en Europe (et en Suisse). La France les avait interdits dès 2018 et avait déjà refusé l’été passé leur réintroduction dans la loi dite «Duplomb», du nom du sénateur qui tente sans cesse de faire passer cette mesure. Une pétition réunissant deux millions de signatures avait fait monter le débat et le Conseil constitutionnel avait fini par censurer le texte validé par le parlement. Mais la démocratie parlementaire n’est pas une pétition, surtout pas la démocratie française, qui laisse très peu de place à l’expression directe. Et des dérogations devraient donc voir le jour en France.Voir plus
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