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Le «kompromat» de La Charité-sur-Loire qui devait faire chuter le général Guisan
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Le «kompromat» de La Charité-sur-Loire qui devait faire chuter le général Guisan

Publié le 22 July 2026 à 19:15
Auteur : Le Temps

En juin 1940, la Wehrmacht met la main sur un petit trésor: les archives de l’armée française. Berlin ne va pas tarder à découvrir les relations particulières du général Guisan avec l’état-major français. Adolf Hitler en fera-t-il un casus belli? Un groupe d’officiers suisses germanophiles s’en sert aussitôt comme épée de Damoclès dans le but d’évincer GuisanLe 16 juin 1940, l’armée allemande intercepte plusieurs wagons français aux abords de la caserne de Dampierre, à Dijon. A priori, ce n’est que de la paperasse. En réalité, c’est un trésor. En pleine débâcle française, l’agresseur met alors la main sur des documents militaires et politiques confidentiels évacués de Paris vers Vichy. Parmi les 1800 caisses d’archives, la Wehrmacht identifie plusieurs «cartons renfermant des papiers secrets du haut commandement de l’armée française, en particulier ceux du général Gamelin, qui venait d’être révoqué», raconte l’historien Willi Gautschi dans son livre consacré au général Guisan. Il est notamment question des relations avec les pays voisins. Aussitôt envoyé à Berlin, ce matériel est disséqué par une équipe de spécialistes dirigée par l’ambassadeur Hans von Moltke. Il ne va pas tarder à découvrir quelques pages embarrassantes pour la Suisse.Ces documents, et l’affaire qui y sera associée, sont connus dans l’historiographie suisse du nom de La Charité-sur-Loire, lieu associé dans un premier temps par erreur à cette découverte. On parlera plus tard de «syndrome» ou de «tabou» de La Charité-sur-Loire. Et cet épisode singulier de l’histoire suisse ne sera rendu public que trente ans plus tard, notamment grâce au livre du journaliste et historien Georg Kreis, dans un ouvrage intitulé Auf den Spuren von La Charité (Helbing & Lichtenhahn, Bâle, 1976 – non traduit). Un mois après la capitulation française du 22 juin 1940, le chef d’état-major général allemand Franz Halder notait dans son journal: «Preuves documentaires de la collaboration entre la France et la Suisse.» La question est alors de savoir ce qu’en fera Adolf Hitler, qui en est informé en septembre. Le dernier pays neutre au cœur de l’Europe sera-t-il épargné malgré ce qui est aussitôt considéré comme une violation de la neutralité aux dépens de l’Allemagne? La prise de contrôle de la Suisse serait l’affaire de quelques jours, quelques semaines tout au plus. Des scénarios sont d’ailleurs à l’étude dans l’état-major allemand.Voir plus

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