CHRONIQUE. Les horlogers sont des constructeurs de moteurs. Dans leur univers, il y a une pièce essentielle qui se nomme platine, et dont l’histoire a façonné la montre contemporaine. Et elle a porté quelques petites révolutions, de Lépine à SwatchComme son nom semble l’indiquer, une platine, c’est en principe plat. Mais pour les horlogers, c’est loin d’être le cas. Olivier Mory, praticien émérite à La Chaux-de-Fonds pose le cadre: «La platine, c’est le châssis, qui va dicter la forme, la taille et l’architecture du mouvement.» C’est selon lui «la pièce la plus compliquée» du mouvement. Il sait de quoi il parle et il n’est pas le seul à le dire. Son usinage est fait de perçage et de creusures pour placer les rouages et son niveau de complexité peut aller crescendo.La platine, c’est aussi le terrain de quelques belles histoires. Celle de Jean-Antoine Lépine (1720-1814), par exemple, qui a fait faire un bond à l’horlogerie, à tel point que son patronyme est devenu un terme générique au temps de la montre de poche — le «calibre Lépine». L’horloger doit sa réputation au fait d’avoir supprimé un étage du mouvement. Avant lui, une montre était bâtie comme un temple grec: une platine au sol, une autre pour le plafond soutenu par des piliers entre lesquels s’entassaient les pièces du moteur, le tout surmonté du balancier et de son coq. Sans entrer dans le détail, c’était épais, lourd et encombrant.Voir plus
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