En 1970, l’historien Edgar Bonjour rend son verdict officiel: la coopération du général Guisan avec l’état-major français était «à l’extrême limite de ce qui est licite». La «manœuvre H» n’en continue pas moins de susciter le réflexe du secret. Mais l’essentiel se joue ailleurs, dans la schizophrénie des autorités entre le réalisme stratégique et l’entretien du mythe d’une neutralité absolueLe général Guisan a-t-il violé la neutralité en pactisant avec l’armée française en 1939-1940 dans le cadre de la «manœuvre H»? Le verdict tombe en 1970, sous la plume de l’historien Edgar Bonjour mandaté par le Conseil fédéral pour écrire l’Histoire de la neutralité suisse pendant la Seconde Guerre mondiale. Il ne consacre que quelques pages à l’affaire. Voici sa conclusion: «Vue sous l’angle du droit relatif à la neutralité, la manière d’agir de Guisan n’est guère critiquable. Considérées sous l’angle de la politique de neutralité, les conventions militaires conclues en temps de paix à titre éventuel pour régler la collaboration en cas de guerre demeurent cependant à l’extrême limite de ce qui est licite, surtout si elles ne sont passées qu’avec l’une des parties. L’Allemagne aurait pu en faire un casus belli et le prétexte d’une intervention armée.»
Des gardes frontières consolident la frontière, Sargans (SG), en 1939. — © EMIL STEINER / KEYSTONE
Voir plus
Pour offrir la meilleure expérience, nous utilisons des technologies telles que les cookies afin de stocker et/ou d’accéder à des informations sur votre appareil. En consentant à ces technologies, vous nous permettez de traiter des données telles que votre comportement de navigation ou des identifiants uniques sur ce site. Ne pas consentir ou retirer son consentement peut affecter négativement certaines fonctionnalités et fonctions.