La récente victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt ne laisse pas indifférent. Deux approches opposées permettent d’évaluer ce succès, jadis adoptées par Stefan Zweig et Klaus Mann. Amis dans la vie, mais aux antipodes sur l’appréciation de la percée du parti nazi, en 1930Il y a deux manières contradictoires de réagir à l’envol électoral de la nouvelle extrême droite allemande, qu’on dirait partie à la conquête du pays après sa victoire en Saxe-Anhalt. La plus évidente est de se scandaliser et, surtout, de se préoccuper d’un possible raz-de-marée brun qui précipiterait l’Allemagne, et l’Europe avec elle, dans les bras de ses vieux démons nationalistes, qu’on espérait bien enterrés. Signe avant-coureur d’un avenir funeste qu’il faut tout faire pour conjurer, d’autant plus qu’il se profile également dans les pays voisins.L’autre réaction, a priori moins spontanée, est de temporiser et d’essayer de comprendre, sans s’alarmer sur-le-champ, en traitant l’ascension de l’AfD comme un phénomène politique parmi d’autres, alimenté par les multiples crises qui frappent les nations européennes et donc pourvu d’une forme de rationalité. Bref, la montée de l’extrême droite serait une poussée de fièvre, un symptôme, certes particulièrement inquiétant, mais un symptôme quand même, qu’il importe de déchiffrer pour comprendre le malaise qu’il révèle, et essayer de le guérir.Voir plus
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